Le 17 Octobre 2018  

? cherchez :  

À surveiller prochainement...

17 oct. 2018
à 12h15

Axe écologie:
Jon Wang


23 oct. 2018
à 12h00

midi-foresterie:
Yan Boucher


24 oct. 2018
à 12h15

Axe écologie:
Denis Reale


 facebook
Panopto Youtube

Marion Séguy

Ma passion pour l’Abitibi, ses ressources et ses personnes a débuté lors de mon premier séjour à l’UQAT en 2010, lorsque j’avais été embauchée par Louis pour effectuer le dur travail de suivi de son immense réseau de nichoirs. J’y ai rencontré Jonathan Gagnon, sa famille, son village, et je n’ai plus vraiment eu le gout de repartir en France. Donc après 1 an et demi de chômage et de ‘jobines’ payées au lance-pierre, plus rien ne me retenait dans mon pays natal... Louis me proposait une maîtrise, je n’ai pas hésité une seule seconde l’aventure ! Donc me voilà de retour avec nos nichoirs, nos petites nyctales et nos Crécerelles. Jonathan a préféré les mœurs nocturnes des nyctales, mais moi qui ai du mal à garder les yeux ouverts après minuit, j’ai choisi les crécerelles. Et je n’en suis pas déçue parce que mes recherches sur la sélection de sites de nidification ont été fructifiantes !

Courriel : marion.seg[at]live.fr

Titre du projet : Effets des milieux ouverts agricoles et forestiers sur le succès reproducteur de la Crécerelle d’Amérique.

Description :

Le réseau de nichoirs sur lequel nous travaillons se situe entre les parallèles 48 et 49 et couvre près de 10 000 km². Les essences des peuplements forestiers sont très variables et leur âge également. De plus, la mosaïque paysagère est parfois très agricole (surtout en Abitibi-Ouest), mais composée de pâturages et de cultures pauvres (i.e. agriculture extensive).

La Crécerelle d’Amérique (de son nom latin Falco sparverius) est un petit rapace diurne et généraliste qui affectionne les nichoirs artificiels et les milieux ouverts, plus particulièrement agricoles. En effet, puisque ses atouts physiques pour la prospection et la chasse sont sa vue ultra-performante et ses ailes agiles, la Crécerelle a besoin de ce type de milieu pour se déplacer allègrement et optimiser son champ de vision. Ainsi, il n’est pas rare de l’apercevoir sur le bord des routes et des champs, perchée sur un fil dans l’attente de sa proie (i.e. un micromammifère ou un gros insecte).

Concernant la sélection de son site de nidification (i.e. 200 ha circulaires autour du nichoir), mes hypothèses de départ étaient dans le sens de ces milieux agricoles: j’étais certaine de voir un effet positif de la surface de milieux agricoles. Mais puisque l’Abitibi est une région dont l’économie forestière est très présente, je me suis aussi demandée si les régénérations post-travaux forestiers avait une importance dans cette sélection. D’une manière plus générale, qu’elles soient d’origine anthropique ou naturelle, ces régénérations présentent temporairement de très bons attributs pour la prospection alimentaire des crécerelles: elles sont ouvertes et présentent de nombreux perchoirs, très prisés lorsqu’elles attendent de voir leurs proies. Ainsi, avec la plus récente mise à jour du 4ème inventaire fournie par le MRNF et des méthodes statistiques récentes (i.e. modèles mixtes, AICc et inférences multi-modèles), j’ai pu montrer que les crécerelles préféraient des sites avec une grande surface agricole. La surprise a été de découvrir cependant que lorsque l’on s’intéresse aux succès d’envol des jeunes crécerelles, ce ne sont plus ces mêmes milieux agricoles qui sont importants mais bien la surface de milieux bûchés, défrichés, plantés, brûlés ou encore en chablis, dont la hauteur ne dépasse pas 2 mètres.

Mon article est en cours de rédaction, mais nous pourrions bien, avec ces résultats, démontrer que les milieux agricoles, même s’ils sont extensifs (c’est le cas en Abitibi), peuvent être considérés comme des pièges écologiques dans le sens où ils sont sélectionnés mais qu’ils ne permettent pas à l’espèce d’optimiser le succès d’envol de ses jeunes. Ce succès étant en partie relié à la quantité d’approvisionnement en nourriture, les milieux agricoles pourraient ne pas offrir assez de nourriture. De plus, la crécerelle étant une espèce très farouche, le dérangement humain sur ces parcelles agricoles pourrait aussi y être pour quelque chose. Toutes les théories seront détaillées dans l’article et j’invite quiconque est intéressé par le sujet à venir en discuter lors du prochain colloque de la Chaire !

Directeur : Louis Imbeau

Co-Directeur : Marc Mazerolle

Publications : (voir la liste complète)

  1. Dominique Fauteux, Gilles Lupien, François Fabianek, Jonathan Gagnon, Marion Séguy, Louis Imbeau, 2014. An illustrated key to the mandibles of small mammals of eastern Canada. Can. Field Nat. 128(1) : 25-37

    resume
  2. Marion Séguy, 2014. Utilisation de site de nidification et succès de reproduction chez la Crécerelle d’Amérique (Falco sparverius) en paysage agro-forestier boréal au Québec, Canada. Mémoire de maîtrise en biologie, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. 63 p.

    resume












Read in english

Retour à la page des membres