Le 24 Août 2017  

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Jules Arsenault aux midis de la foresterie : Pour un Québec fier de ses forêts.

Pourquoi la Commission Coulombe ?

Les premières nations vivent au Québec depuis plus de 10 000 ans avant J.C. Jusque là, l’exploitation des ressources se faisait de manière relativement durable. Dès le XVIIème siècle, l’arrivée massive de colons est venue perturber les forêts québécoises. Une citation de Gabriel Platte en 1639 (1) montre qu’à l’époque, les problèmes actuels de concurrence et de surexploitation se faisaient déjà ressentir. Il existe des crises depuis toujours mais celles-ci deviennent de plus en plus fréquentes car l’exploitation des ressources forestières ne fait qu’augmenter avec le développement du secteur industriel. La possibilité forestière est attribuée en quasi-totalité aux compagnies forestières, et ces dernières coupent toute la surface qui leur a été allouée. Ainsi, il n’existe pas de marges d’erreur et si l’on regarde de plus près les inventaires, il est possible de constater une baisse du capital forestier (4% au Québec, 10% en Abitibi-Témiscamingue) tout comme une réduction du volume par tige de 170 dm3 (1977) à 110 dm3 en (2002). Les plus beaux arbres ont en effet été récoltés en premier.

Actuellement, les usines tournent en sous-régime et le risque de rachat par de gros industriels est très élevé. Au niveau des régions, les retombés économiques sont faibles et à l’échelle du Québec, il existe une baisse des redevances nettes. Depuis la sortie du film l’Erreur Boréale de Richard Desjardins, le public s’est conscientisé par rapport aux enjeux forestiers et a perdu confiance dans la gestion actuelle du patrimoine forestier. Il veut désormais une meilleure qualité de vie et un environnement qu’il pourra léguer aux générations futures. Il devient donc urgent de réagir et de trouver un aménagement durable à la satisfaction de tous les utilisateurs. Face à cette pression médiatique et populaire, le gouvernement provincial a réagit en créant une commission d’experts chargée d’examiner la gestion actuelle des forêts et son impact, afin de proposer des solutions alternatives plus durables.

Les propositions de la Commission Coulombe et les suites du rapport :

Le rapport Coulombe a proposé un grand nombre de recommandations. Il proposait que l’aménagement écosystémique soit au cœur de la gestion des forêts publiques québécoises. Un aménagement qui aurait pour objectif de satisfaire les valeurs sociales, environnementales et économiques. Pour cela, la commission proposait de passer d’une gestion de volume à une gestion de qualité. Elle soulevait les problèmes engendrés par une gestion normative, considérée comme inadaptée pour convenir à toutes les régions et à tous les cas. Elle exigeait de réduire la possibilité forestière de 20% et de créer un poste de forestier en chef au sein du ministère.

Quelques unes de ces recommandations ont été prises en compte. L’approche écosystémique est désormais bien acceptée et est reconnue comme la solution pour réaliser un aménagement durable. La possibilité forestière a été recalculée et les nouveaux chiffres devraient être fournis avant la fin de l’année 2006. Le forestier en chef a été élu et des commissions forestières régionales ont été mises en place pour créer une gestion plus adaptée aux conditions particulières de chaque région. Le gouvernement provincial conçoit qu’il est nécessaire d’œuvrer pour la décentralisation. Les directions régionales doivent aussi être unifiées pour détenir plus de pouvoir. Ainsi, ce rapport a permis l’amélioration des stratégies d’aménagement mais il reste encore des progrès à faire entre autre en ce qui a trait à la création d’aires protégées.

M. Arsenault a terminé en nous rappelant que dans le cadre de la politique de développement durable, la forêt ne peut être qu’un projet collectif porteur qui fera la fierté du Québec. Il est donc impératif de ramener ce sentiment dans le cœur de tous les québécois.

1. « L’abondance du bois importé tous les ans de Norvège et d’ailleurs prouve à l’évidence à quel point nous en manquons ici; on peut aussi conjecturer le triste état dans lequel se trouvera le royaume dans un siècle ou deux par manque de bois. » (Gabriel Platte, 1639).

Notes bibliographiques de Jules Arsenault
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Source : Émilie Tarroux
Candidate au doctorat en sciences de l'environnement
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Courriel: emilie.tarroux@uqat.ca

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