Le 19 Août 2017  

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Comparaison feux et coupes : où en sommes-nous? État des connaissances présenté par Nicolas Lecomte aux midis de la foresterie.

Le feu a de nombreux effets bénéfiques

Le feu est une perturbation majeure de la forêt boréale canadienne. Bien qu’il provoque la mortalité des arbres, et par endroit l’érosion des sols, il joue un rôle capital dans le fonctionnement de l’écosystème. Il permet le renouvellement de la forêt, la germination des graines, le développement des espèces de début de succession, et l’installation des espèces animales adaptées à ces conditions. En influençant la répartition et la composition de la végétation, le feu contribue également à façonner le paysage, et à créer une mosaïque forestière.

Les feux et les coupes, similaires ou différents?

Les coupes constituent une autre perturbation importante des forêts boréales. La comparaison des effets des coupes et des feux sur de nombreux attributs forestiers est présentée à l’échelle du peuplement et à l’échelle du paysage.

Au niveau du peuplement, immédiatement après les perturbations, les jeunes forêts après coupe sont caractérisées par un plus grand nombre de débris ligneux au sol, moins de chicots, une épaisseur d’humus plus élevé ainsi qu’une plus grande minéralisation de l’azote que celles après feu. En ce qui a trait à la composition, les coupes favorisent les essences de tremble et de sapin et génèrent des communautés d’espèces de sous-bois différentes. Les assemblages fauniques diffèrent également, notamment pour les espèces spécifiquement associées aux chicots. Sur une échelle temporelle plus longue, la plupart des attributs forestiers converge, hormis l’épaisseur de la matière organique qui reste plus élevée après la récolte.

De plus, la gamme de variabilités des perturbations (sévérité, taille) est beaucoup plus faible suite à une coupe que dans le cas d'un feu de forêt.

Au niveau du paysage, les forêts après coupe diffèrent des forêts après feu par leur taille, leur forme et leurs peuplements. En particulier, la distribution des classes d’âges des peuplements est différente, donnant lieu à une perte significative des vieilles forêts dans les paysages issus de coupes.

Des solutions existent

On recommande souvent de s’inspirer du régime des feux pour établir des pratiques sylvicoles adaptées à la dynamique naturelle des peuplements. Pour cela, des interventions sylvicoles plus adéquates sont proposées, telles que les coupes à rétention variable, les coupes partielles, ou les préparations de terrain, comme le brûlage dirigé ou la scarification. Des études seraient nécessaires pour comparer les effets de ces pratiques et ceux des feux de forêts. L’aménagement devrait aussi permettre de conserver plus de peuplements matures et surannés.

De nombreuses recherches restent à effectuer :

  • approfondir les études de comparaison des feux et des coupes aux différentes échelles, principalement à celle du paysage;
  • étudier les effets de la variabilité des perturbations naturelles et des coupes;
  • améliorer les connaissances des effets des perturbations sur la faune, aux échelles du peuplement et du paysage;
  • comparer les effets des coupes de récupération et des zones brûlées non récupérées, et proposer des solutions alternatives aux coupes de récupération;
  • combler les manques de connaissances sur certains attributs forestiers, en particulier sur le cycle des nutriments…

Même si les effets des coupes et des feux convergent, de nombreuses différences subsistent. On peut faire mieux, a conclu Nicolas Lecomte, en mettant en place de nouvelles pratiques sylvicoles.

Notes bibliographiques de Nicolas Lecomte
Téléchargez la présentation PPT de Nicolas Lecomte

Source : Manuella Strukelj-Humphery, Chaire AFD,
Courriel : Manuella.Strukelj-Humphery@uqat.ca

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