Le 19 Août 2017  

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Il y a bien plus que des feuilles dans la litière forestière!

Le 5 décembre dernier, dans le cadre des Midis de la foresterie, M. Marc Mazerolle, conseiller en méthodes statistiques au CEF, nous a présenté une méta analyse d’études portant sur les effets des pratiques sylvicoles sur les amphibiens et les reptiles en milieu forestier.

M. Mazerolle a débuté son exposé en mentionnant quelques différences entre ces organismes méconnus, les amphibiens et les reptiles. Ainsi, il nous a rappelé que les amphibiens sont des vertébrés qui pondent des œufs dans l’eau ou dans des endroits humides. Ils possèdent une peau perméable à l’eau et aux gaz pour leur respiration. Ils ont un développement en milieu aquatique (pour ceux qui ont des stades larvaires) ou terrestre (ex : la salamandre cendrée), mais l’humidité reste le facteur limitant leur mode de vie. Les reptiles, quant à eux, sont des animaux qui nécessitent moins la présence de l’eau ou l’humidité de façon continue. Ils pondent des œufs (protégés par une coquille) sur la terre et leur épiderme est imperméable. Cependant, selon les espèces, ils sont dépendant de l’eau lors de certaines périodes. Par exemple, la tortue des bois hiberne dans les cours d’eau. Ces notions générales sont très importantes lorsque l’on désire connaître les impacts qu’ont nos interventions en milieu naturel.

Une revue de la littérature a permis de faire quelques généralisations concernant les divers effets engendrés par des traitements sylvicoles. Mentionnons l’influence de paramètres démographiques tels que le recrutement et la survie, les effets sur la composition des communautés d’espèces, la restriction de la mobilité, la modification du comportement et les effets physiologiques (déshydratation). De plus, il faut remarquer que différentes approches ont été utilisées afin d’évaluer les impacts telles que l’abondance ou la présence, la diète, la diversité génétique, les mouvements des populations, la physiologie ou le taux de prédation des espèces.

Cependant, lors de cette revue de littérature, le statisticien n’a pu s’empêcher de nous faire remarquer que la grande majorité des études ne prennent pas en compte la probabilité de détection (p) dans les analyses statistiques. En effet, seulement 19% des études effectuées sur le sujet tiennent compte de la probabilité de détection donnant ainsi une estimation plus juste de la taille de la population (N). Ces recherches sont plus précises et il en ressort des conclusions beaucoup plus pertinentes. Afin de pouvoir estimer la population réelle, il faut comptabiliser le nombre d’individus capturés ( ) lors d’inventaires répétés et utiliser la formule : E(c)=pN.

Les études démontrent un effet d’évitements ou de barrières causé par la coupe forestière, ce qui diminue le mouvement et les activités dans les endroits exploités. Aussi, des études concluent qu’il y a un plus faible taux de survie et une déshydratation accrue dans les endroits où le couvert forestier a été enlevé. Cependant, les études publiées sur les amphibiens qui tiennent compte de la probabilité de détection, sont contradictoires en ce qui concerne l’effet sur la diversité génétique des populations.

Chez les reptiles, les effets des coupes forestières semblent être moins drastiques. Les bordures des coupes et les milieux ouverts sont souvent utilisés, notamment par les serpents, pour la thermorégulation. Par contre, on remarque également un plus haut taux de prédation en milieu ouvert.

M. Mazerolle a conclu sa présentation en soulevant plusieurs problèmes d’ordre méthodologique rencontrés dans sa revue de la littérature. Mis à part l’absence de la statistique de probabilité de détection, certaines études ont des problèmes de design; par exemple, pas de témoin et peu ou pas de réplication. Enfin, M. Mazerolle a terminé sa réflexion en nous mentionnant que la probabilité de détection devrait être incorporée dans toutes les recherches ciblant une évaluation des effets d’un ou de plusieurs facteurs sur une population, particulièrement lorsqu’il s’agit des organismes rares ou difficilement repérables.

Notes biographiques Marc Mazerolle
Présentation PPT de Marc Mazerolle

Source : Amélie Brassard, Étudiante de maîtrise en Biologie, Chaire AFD, UQAT
Courriel : amelie.brassard@uqat.ca

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