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LES MILIEUX HUMIDES FORESTIERS AU QUEBEC : CLASSIFICATION, REGIONALISATION ET SELECTION PAR LES ESPECES DE SAUVAGINE.

Le 3 avril dernier, les midis de la foresterie présentaient deux conférences données par messieurs Sylvain Ménard, géog. et Louis-Vincent Lemelin ing.f., tous deux étudiants à la maîtrise en biologie à la chaire AFD à l’UQAT, sous la direction de Louis Imbeau Chaire industrielle CRSNG UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et Marcel Darveau affilié à Canards Illimités Canada ainsi qu’au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval.

EXISTE-T-IL DES « RÉGIONS » DE MILIEUX HUMIDES A L’INTÉRIEUR DU QUÉBEC FORESTIER ?

Malgré l’accroissement des pressions résultant de l’exploitation forestière, minière et hydroélectrique, et malgré une volonté générale de protéger et de conserver les milieux humides, peu d’efforts de recherche leur ont été consacrés, notamment en milieu forestier. Même si nous avons acquis au fil des ans une bonne connaissance de la genèse, de l’évolution et de l’écologie de ces milieux à l’échelle du site, aucune étude concernant la quantification et la régionalisation des milieux humides n’a été réalisée à l’échelle de la province, faute d’une base de données géographique complète et disponible sur l’ensemble du territoire.

L’étude présentée a été réalisée sur la distribution à petite échelle des milieux humides du Québec forestier. Les deux objectifs poursuivis par cette étude étaient la quantification de différents types de milieux humides, et le découpage de l’aire d’étude en régions homogènes (unités géographiques) en termes de proportions et de types de milieux humides.

Pour ce faire, un système de classification des milieux humides adapté à la carte écoforestière permettant de reconnaître 17 types de milieux humides groupés en trois classes, soit les milieux aquatiques, les marécages et les dénudés humides a été développé. La carte écoforestière a été utilisée étant donné qu’elle est la seule base de données disponible à relativement peu de frais sur la quasi-totalité du Québec forestier. Possédant une précision allant jusqu’à 1 ha, elle est déjà reconnue et utilisée des gestionnaires forestiers.

Un total de 456 feuillets cartographiques écoforestiers répartis systématiquement sur un territoire de 540 000 km2, correspondant à la quasi-totalité du Québec forestier exploité ont été classifiés. Ces feuillets représentent un territoire classifié de 150 000 km2 soit environ 20 % de l’aire d’étude. Il a ainsi été possible de quantifier la couverture géographique des différents types de milieux humides par feuillet. Par une analyse de groupement, les feuillets ont étés groupés selon leur similarité en terme de proportion des différents types de milieux humides, créant ainsi des régions homogènes.

Les résultats ont démontrés l’hétérogénéité spatiale ainsi que la complexité des milieux humides sur l’aire d’étude. Les milieux aquatiques et humides représentent respectivement 10,3 et 11,7 % de la superficie classifiée, mais ces proportions varient considérablement, principalement selon un gradient nord-ouest / sud-ouest. Les milieux humides occupent près de 85 % de certaines portions des basses-terres de l’Abitibi et de la Baie James alors qu’ils sont presque absents sur certaines portions des Appalaches. Cette variabilité spatiale a été confirmée par l’identification de 10 régions homogènes distinctes en termes de proportion des différents types de milieux humides. Ces régions sont principalement caractérisées par la proportion de milieux humides et aquatiques de grande superficie, principalement les réservoirs, les lacs et les complexes de dénudés humides.

Les auteurs croient que le portrait créé par le découpage de l’aire d’étude en régions homogènes constituera un outil de gestion efficace, ainsi qu’une base solide à la réalisation d’études subséquentes, notamment en aménagement de la faune.

Texte de Sylvain Ménard, Géog.

LES MILIEUX HUMIDES FORESTIERS AU QUEBEC : SELECTION PAR LES ESPECES DE SAUVAGINE

Qu’elle soit considérée comme du gibier à plume ou comme des éléments de biodiversité, la sauvagine représente un important groupe d’oiseaux associés aux milieux humides forestiers du Québec. Ces espèces, qui regroupent les oies et les canards, hivernent dans les contrées plus chaudes du continent et profitent de l’explosion de vie printanière de la forêt boréale pour se disperser sur le territoire, établir leur nid et élever leur progéniture.

Suite aux efforts de concertation des gestionnaires fauniques nord-américains, un important programme de suivi annuel des populations nicheuses de sauvagine a été mis sur pied en 1990, sur une aire de 540 000 km2 dans le territoire forestier québécois. L’échantillonnage consiste en un survol par hélicoptère, effectué au printemps, sur des quadrats de 5 km x 5 km distribués systématiquement. Les données recueillies ont été mises en relation avec les données d’habitat de la carte écoforestière, cette dernière ayant permis de distinguer 6 types d’habitats aquatiques, 5 types de milieux humides et 33 types de milieux riverains.

Les analyses effectuées ont révélé une information riche sur l’écologie des espèces et des habitats qui les supportent. Parmi nos principaux résultats, on note que les étangs (< 8 ha) et les mares supportent autant de couples nicheurs que les lacs, rivières et réservoirs réunis, malgré une disponibilité 9 fois moindre en superficie et 2,2 fois moindre en rivages. Les rivages les plus densément occupés sont ceux des marécages inondés et arbustifs alors que, contrairement à ce qui est régulièrement rapporté d’autres territoires, les rives des îles de moins de 20 ha présentent des densités comparables à la moyenne. Aussi, il a été démontré que les ruisseaux sont des habitats importants pour la sauvagine, étant fréquentés par près de 24% des canards barboteurs et 9% des canards plongeurs. Plus que par des généralités, cependant, les résultats de cette étude auront permis de mieux connaître les particularités propres à près d’une vingtaine d’espèces de sauvagine du Québec.

Texte de Louis-Vincent Lemelin, ing.f.

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