Le 25 Juin 2017  

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LES PREMIÈRES NATIONS ET LA FORÊT :

L’intégration des valeurs et des connaissances traditionnelles des Premières Nations pour la forêt pourraient s’avérer très avantageuses pour les aménagistes forestiers. Les autochtones ont une telle connaissance du territoire que leur incorporation dans la gestion du territoire serait très utile. On a vu, depuis quelques années, l’apparition du terme « Foresterie autochtone ». Le professeur Wyatt a beaucoup mis l’accent sur la définition de ce que serait une foresterie autochtone. Il ne s’agirait pas de modifier le régime actuel afin d’accommoder les Premières Nations (foresterie pour les premières nations), ni de simplement les inclure dans le cadre existant (foresterie avec les autochtones) mais il s’agirait plutôt d’une nouvelle foresterie fondée sur les valeurs et institutions des Premières Nations qui incorporerait également la science et la technologie des chercheurs et ingénieurs forestiers. Comme ils sont les premiers occupants du Canada, ils ont des droits particuliers reconnus dans la constitution canadienne et par les tribunaux. Parmi ces droits, on retrouve le « droit au territoire » ou « le droit d’être consulté en ce qui concerne la foresterie ». Pourtant le respect de ces droits de la part des industries et du gouvernement n’est pas toujours évident, ce qui entraîne de nombreuses poursuites en justice, des manifestations et des barrages routiers de la part des autochtones. La participation des premières nations pourraient cependant être très avantageuse tous les partis. Pour les autochtones, cela serait un bon moyen d’avoir un certain contrôle sur l’utilisation qui est faite de leur territoire, de diminuer leur taux de chômage, d’augmenter leur profit, d'acquérir de nouvelles habiletés et expertises. En bref, il s’agirait d’une opportunité d'améliorer les conditions de vie au sein de la communauté. Pour les industries et les gouvernements, cela diminuerait les conflits, permettrait un meilleur accès aux ressources et faciliterait la certification environnementale.

QU’EST-CE QUI EST FAIT PRÉSENTEMENT?

Au Canada, il existe actuellement 1500 entreprises autochtones en foresterie mais il en faudrait beaucoup plus pour un partage équitable des retombées économiques entre les différents partis. La participation et la consultation des Premières Nations est de plus en plus courante, mais plus qu’une participation à la prise de décision, il s’agit d’une participation à la planification, ce qui n’est pas vraiment de leur goût. D’autant plus que les industries ne sont pas nécessairement obligées d’adhérer à tous les souhaits. Les autochtones demandent donc une « consultation significative ». Malheureusement, la consultation est difficile car les aménagistes soulignent les connaissances scientifiques, les processus biologiques et les questions économiques, pendant que les autochtones se fondent sur leurs connaissances traditionnelles, leur occupation du territoire et leurs propres valeurs. Les autochtones ont leurs propres institutions pour la gestion du territoire, qui ne sont pas nécessairement compatibles avec le régime forestier. Il existe, néanmoins, des endroits où la responsabilité de gestion est partagée entre les autochtones et le gouvernement. C’est le cas des Cri de Waswanipi, qui se sont alliés avec Domtar afin d’établir la corporation Mishtuk qui s'occupe des opérations forestières telle la coupe des arbres, et la scierie Nabaktuk. Grâce à ce système de cogestion, c'est quasiment 2 millions de dollars en salaires qui retournent annuellement dans la communauté. Autre exemple, les Nisga’a (Colombie-Britannique) ont quant à eux négocié la gouvernance de 2000 km2 et le droit de fixer des normes forestières plus sévères que les normes provinciales sur ce territoire obtenu. Ainsi, la cogestion ou la délégation est possible.

Pourtant, comme le montre la discussion animée qui a suivi la conférence, entre les étudiants à la maîtrise en biologie et au doctorat en sciences de l’environnement et M. Wyatt, la résolution de la question des droits des autochtones ne pourra se réaliser qu’avec une sensibilité des préoccupations des non autochtones qui, avec le temps, sont devenus aussi des grands utilisateurs du territoire forestier.

Notes biographiques de Stephen Wyatt
Présentation PPT de Stephen Wyatt

Source: Émilie Tarroux,
Étudiante au doctorat en sciences de l’environnement
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
emilie.tarroux@uqat.ca

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