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Tel que présenté dans la chronique « L’aménagement écosystémique, ou comment passer de l’écosystème à l’aménagement », la notion d’aménagement écosystémique repose sur l’hypothèse qu’un aménagement qui s’inspire des perturbations naturelles constitue la meilleure garantie de conservation de l’ensemble des processus et des attributs associés aux écosystèmes forestiers. Par exemple, pour tenter de reproduire le patron de forte mortalité qui suit généralement le passage d’une perturbation naturelle sévère, on récolterait une majorité d’arbres. De la même manière, lorsque la mortalité qu’on tente de reproduire est partielle, le traitement sylvicole préconisé consisterait à ne récolter qu’une partie des tiges.

Ce faisant, en récoltant ces arbres avant qu’ils ne meurent naturellement, on limite la production de bois mort, élément-clé des écosystèmes forestiers. En effet, on sait maintenant qu’un arbre mort occupe autant de fonctions qu’un arbre vivant : qu’il soit debout ou couché au sol et quel que soit son état de décomposition, le bois mort est impliqué dans le très médiatisé cycle du carbone, joue un rôle important dans le cyclage des éléments nutritifs et constitue un habitat crucial pour une multitude d’espèces animales et végétales qui l’utilisent pour s’alimenter, se reproduire ou s’établir. Vu l’importance du bois mort, on doit absolument considérer sa dynamique si l’on veut aspirer à faire un aménagement écosystémique.

Dans leur plus récent article, qui vient d’être publié dans le numéro de septembre de la Revue canadienne de recherche forestière, deux chercheurs de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable ont voulu juger de l’impact des pratiques d’aménagement qu’ils proposent sur la dynamique du bois mort. Brian Harvey, et Suzanne Brais, professeurs à l’UQAT, ont examiné l’impact de deux traitements de coupes partielles (où on ne coupe qu’une proportion donnée de tiges) sur la dynamique du bois mort. Les travaux ont eu lieu dans les peupleraies du réseau SAFE (Sylviculture et aménagement forestier écosystémiques), mis sur pied dans le but de développer des systèmes sylvicoles fidèles à la dynamique naturelle de la forêt boréale mixte.


Projet SAFE (photo: Brian Harvey)

Dans un premier traitement, afin de simuler une mortalité induite par compétition entre les tiges, ou « auto éclaircissement », le tiers des tiges a été récolté. On a ainsi sélectionné les tiges les plus petites, supprimées, peu vigoureuses et dont la mortalité était considérée imminente. Dans un deuxième traitement, on a plutôt voulu simuler la sénescence (lorsque les tiges meurent de « vieillesse »), en retirant les deux tiers des tiges, la plupart dominantes ou co-dominantes.

Six ans après traitement, les résultats correspondent grossièrement à ce qui était prévu. Ayant conservé une forte quantité d’arbres dans les deux cas, plusieurs éléments propres aux forêts non coupées, comme de gros arbres vivants et morts, ont été maintenus. Cependant, en induisant une mort prématurée par rapport à la dynamique naturelle et en exportant la matière ligneuse, la récolte de ces tiges a court-circuité le processus de recrutement de bois mort. Dans le cas de la coupe où le 1/3 des tiges a été prélevé, on assiste à une diminution de la mortalité et, par conséquent, du recrutement en arbres morts, par rapport à des peuplements témoins non coupés. Dans le cas de la coupe où le 2/3 des tiges a été prélevé, le résultat est moins drastique mais on observe quand même une surface terrière d’arbres morts réduite par rapport au témoin. Ces résultats à court terme se traduiront très probablement par une réduction de la disponibilité en arbres morts dans ces peuplements dans un horizon à plus long terme.

Tout comme on ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs, on ne peut exploiter la forêt sans couper d’arbres. Bien que les attributs du bois mort suite aux coupes partielles soient différents de ceux des forêts naturelles, permettrait-ils tout de même le maintien de l’intégrité écologique de ces peuplements ? D’autres travaux sont en cours au sein de la Chaire AFD afin de répondre à cette question et d’en arriver à développer des objectifs d’aménagement qui laisseront les processus physico-chimiques liés au bois mort persister tout en permettant aux nombreux locataires des arbres morts de conserver leur logis!

Tiré de l’article :
Harvey, B. et Brais, S. 2007. Partial cutting as an analogue to stem exclusion and dieback in trembling aspen (Populus tremuloides) dominated boreal mixedwoods: implication for deadwood dynamics. Can.J.For. Res. 37: 1525-1533.

Pour informations :
Brian Harvey : brian.harvey@uqat.ca
Téléphone : 819-762-0971 poste 2361

Suzanne Brais : suzanne.brais@uqat.ca
Téléphone : 819-762-0971 poste 2349

Rédaction :
Virginie-Arielle Angers
Candidate au doctorat en biologie
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Université du Québec à Montréal

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