Le 19 Août 2017  

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Afin de connaître l’efficacité des coupes partielles sur la ceinture d’argile au niveau sylvicole et écologique, Nicole Fenton nous a présenté les études effectuées dans le réseau de coupes partielles en Abitibi dans lequel différents types de coupe ont été appliqués : CPRS (coupe avec protection de la régénération et des sols) et coupes partielles : CPPTM (coupe avec protection des petites tiges marchandes) et coupe avec maintient du couvert. Plusieurs paramètres d’évaluation ont été abordés afin de juger des effets des coupes partielles.

Tout d’abord au niveau des aspects sylvicoles et opérationnels de la coupe partielle, le taux de blessure est très variable à l’intérieur des sites. Plus le peuplement était dense avant coupe et plus le taux de blessure sera important après coupe. Concernant la productivité, elle est plus importante dans les coupes partielles que dans les CPRS car les tiges récoltées sont plus grosses. En contrepartie les coûts liés à l’exploitation sont plus élevés mais restent cependant acceptables. Enfin, les chablis augmentent avec les coupes partielles comparativement aux peuplements témoins mais les résultats sont assez variables entre les sites. Cependant les valeurs restent là aussi acceptables.

Un deuxième critère d’évaluation est la création d’une structure de peuplement suranné. La structure diamétrale des peuplements a été maintenue après coupe. On note cependant une perte des plus grosses tiges. Les coupes partielles permettent donc bien la création d’une structure de forêt surannée.

Différents groupes ont été examinés afin d’évaluer les effets des coupes partielles sur la diversité biologique. Les oiseaux associés aux forêts surannées sont maintenus. Il n’y a pas de différences du nombre d’espèces ou de l’abondance entre les témoins et les coupes. Cependant, si l’on regarde plus précisément, les résultats sont variables selon l’espèce considérée. Par exemple le roitelet à couronne dorée diminue en abondance alors que le troglodyte mignon augmente en abondance suivant une coupe partielle. Chez les petits mammifères, deux espèces de rongeurs ont été examinées : le campagnol à dos roux (spécialiste des forêts surannées) et la souris sylvestre (qui est une espèce généraliste). Les coupes partielles ont moins d’impact sur l’abondance des rongeurs que les CPRS. Ainsi elles permettent le maintien des populations pendant la régénération des forêts.

Pour les plantes de sous-bois, il y a très peu de changements dans la richesse spécifique entre le témoin, la coupe partielle et la CPRS. Cependant l’effet des coupes devient plus marqué lorsque l’on s’intéresse à l’abondance relative des espèces. Il s’avère que ce sont le drainage et l’ouverture du couvert qui forestier qui détermine les réponses de ces communautés aux coupes. Concernant les sphaignes, on note une augmentation des sphaignes caractéristiques des vieux peuplements ce qui est en faveur du maintien de la biodiversité mais cela pourrait causer un problème au niveau de la productivité des sites à cause du phénomène d’entourbement. Enfin les lichens épiphytes ont aussi été étudiés. En comparant deux espèces de lichen (une de forêt fermée et une de forêt ouverte), les auteurs ont montré que la croissance était plus importante dans les témoins que dans les coupes partielles. Ce phénomène était plus marqué pour l’espèce se développant en forêt fermée.

Le dernier point abordé concernait l’effet des coupes partielles sur le petit gibier. Chez le tétras du Canada il n’y a pas de différence entre le témoin et les coupes partielles pour le niveau de prédation des nids. Chez le lièvre d’Amérique par contre, il existe un impact négatif des coupes partielles sur cette espèce comme montré par l’étude des crottins et de la végétation broutée.

Bien qu’encourageant au niveau écosystémique par rapport aux CPRS, ces résultats doivent être confirmés ou infirmés par la poursuite des études à plus long terme.

Source :
Hedi Kebli
Étudiant au doctorat en sciences de l’environnement
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

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