Le 24 Mars 2017  

? cherchez :  

À surveiller prochainement...

27 mars 2017
à 12h15

Axe écologie:
Charles Perrier


28 mars 2017
à 13h30

soutenance thèse:
Isabelle Laforest-Lapointe


29 mars 2017
à 12h15

Axe écologie:
John Chetelat


29 mars 2017
à 9h00

synthèse environnementale:
Evrard Kouadio


 facebook
Panopto Youtube

On l’apprend parfois dès l’école primaire. Le plantes se « nourrissent » d’eau via leur racines ainsi que de dioxyde de carbone (CO2) à travers leurs feuilles. Avec l’aide de la lumière, par photosynthèse, ils transforment ensuite leur repas en sucre et en oxygène. Alors que l’oxygène est rejeté tel un vulgaire déchet (au grand bonheur de tout le règne animal !), les sucres sont mis en réserve ou utilisés lors des activités physiologiques de la plante, entre autres pour la croissance. Or, le CO2, accusé d’être le grand coupable de l’effet de serre et des changements climatiques, a vu ses concentrations augmenter considérablement ces dernières décennies.


Une grande quantité de carbone est accumulé dans le tronc des arbres. (Photo : Marie-Ève Sigouin )

Peut-être en pensant à leurs mères qui leur répétaient de finir leur assiette s’ils voulaient grandir, les écophysiologistes se sont demandé si une augmentation de la diète en CO2 des arbres pouvait se traduire en croissance améliorée. De nombreuses études ont été menées et de nombreux articles publiés sur le sujet. Afin de faire le point, cinq chercheurs provenant de trois Chaires de recherche du Canada ont mis leurs efforts en commun. Jian-Guo Huang, Yves Bergeron et feu Bernhard Denneler, membres de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, Frank Berninger, titulaire de la Chaire de recherche en productivité forestière et Jacques Tardif, titulaire de la Chaire de recherche en dendrochronologie, ont publié leurs résultats dans le dernier numéro de Critical Reviews in Plant Sciences.

Leurs conclusions reposent sur deux types d’études. D’une part, certaines ont documenté les relations qui existent entre la plus grande disponibilité de CO2 et la largeur des cernes des arbres, en utilisant la dendrochronologie. Afin d’éliminer les biais pouvant intervenir en milieu naturel, d’autres chercheurs ont plutôt mené leurs études en milieu contrôlé en augmentant artificiellement la disponibilité en CO2, autrement dit, en « fertilisant » l’air de CO2.


Mesure des cernes de croissance (Photo : Marie-Ève Sigouin )


« Les arbres des climats relativement chauds et secs présentent la croissance qui répond le mieux à une augmentation en CO2 »

Les études recensées provenaient de toutes les régions du monde. La synthèse de ces études suggère que les arbres des climats relativement chauds et secs présentent la croissance qui répond le mieux à une augmentation en CO2. Quelques notions d’écophysiologie expliquent ces résultats : les feuilles des plantes sont ponctuées de milliers de stomates, petits trous situés sur la partie inférieure des feuilles qui gèrent l’entrée et la sortie des gaz et de la vapeur d’eau en s’ouvrant et se refermant. Quand la concentration en CO2 est plus forte dans l’air, elle l’est conséquemment aussi dans les stomates, ce qui favorise la photosynthèse. Cependant, dans les climats secs, les stomates se ferment souvent pour éviter que la feuille perde sa précieuse eau. Ce faisant, ils limitent leur apport en CO2, et par conséquent leur croissance. Quand les concentrations en CO2 dans l’air ambiant sont plus élevées, les stomates peuvent se permettre de rester fermés plus longtemps avant de ne s’ouvrir pour laisser entrer d’autre CO2, laissant s’échapper moins d’eau et optimisant conséquemment l’utilisation de l’eau. D’autre part, la production accrue de sucres permet entre autres le développement du système racinaire, ce qui permet d’exploiter l’eau du sol de façon encore plus efficace.


Semis de Pin gris (Photo: Marie-Ève Sigouin)

Alors, peut-on s’attendre à l’apparition de super-arbres grâce à nos émissions de combustibles fossiles qui montent en flèche? En fait, si les semis réagissent bien à une forte augmentation en CO2, des concentrations plus faibles et une exposition prolongée pourraient entraîner une réaction moins prononcée chez les tiges plus âgées. Ainsi, les semis et les arbres matures réagissent de façon différente aux concentrations de CO2. Toutefois, le CO2 ne constitue pas le seul facteur en jeu. Les températures, la disponibilité en nutriments, notamment en azote, et le climat affectent tous la croissance. Notons que certains facteurs sont difficilement dissociables, comme par exemple l’allongement des saisons de croissance observée dans plusieurs régions ces dernières années et de la disponibilité en CO2. Bref, il est encore trop tôt pour reléguer aux oubliettes Panoramix et sa potion qui fait pousser les palmiers en un clin d’oeil!

Pour information :
Jian-Guo Huang
Étudiant au doctorat en sciences de l’environnement, UQAT
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Courriel : jianguo.huang@uqat.ca

Rédaction :
Virginie-Arielle Angers, ing.f. M.Sc.
Candidate au doctorat en biologie
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Université du Québec à Montréal

Selon l’article :
HUANG, J., BERGERON, Y., DENNELER, B., BERNINGER, F., AND TARDIF, J. 2007. Response of Forest Trees to Increased Atmospheric CO2 Critical Reviews in Plant Sciences. 26:265-283.

retour à la liste des nouvelles

Dernières nouvelles:

17 mars 2017:
Moins de financement pour la recherche dans le secteur forestier


14 mars 2017:
Création du Laboratoire de recherche sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones - Akwatisiw


14 mars 2017:
Des subventions importantes pour faire face à la problématique de surplus de copeaux de bois au Canada