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26 sept. 2017
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midi-foresterie:
Yves Bergeron


27 sept. 2017
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Axe écologie:
Marion Germain


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Si on vous demandait de comparer deux villes, sur quoi vous baseriez-vous ? Rapidement, cette question mène à réfléchir aux indicateurs à utiliser ainsi qu’au concept d’échelle spatiale. Par exemple, on pourrait se pencher sur les briques utilisées dans la construction des bâtiments (échelle la plus fine). On pourrait aussi « élargir » notre perspective en comparant ensuite les immeubles, puis le centre-ville, puis la région toute entière incluant les banlieues. Chaque échelle permettrait de distinguer des caractéristiques de chacune des villes, et même si les briques utilisées étaient les mêmes, un agencement et une architecture différents pourraient entraîner des patrons très hétérogènes à d’autres échelles.

C’est un peu l’approche qu’ont adopté Sybille Haeussler, qui a obtenu son doctorat à l’UQAM en 2004 et qui travaille maintenant à l’Université de Colombie-Britannique, et Yves Bergeron, titulaire de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable. En utilisant comme indicateurs la composition et la structure des communautés végétales et comme échelle spatiale cinq niveaux allant du micro-site à la région, les deux chercheurs ont comparé des brûlis et des coupes totales issus de peupleraies. Les sites à l’étude ont été échantillonnés trois ans après perturbation, dans la région de Timmins, en Ontario, et les résultats ont été publiés dans la Revue canadienne de recherche forestière en 2004.


Chicots abondants après le passage d'un feu. Photo : Virginie Angers

Les auteurs ont appuyé leur étude sur le principe de l’aménagement écosystémique, qui repose sur l’hypothèse que si l’on tente de reproduire des perturbations naturelles lors de nos interventions en forêt, l’impact sur les processus et les attributs des écosystèmes sera minimisée (voir la chronique «L’aménagement écosystémique, ou comment passer de l’écosystème à l’aménagement»). Les feux de forêt et les coupes totales constituant des perturbations très intenses, on pourrait s’attendre à ce qu’ils partagent certaines caractéristiques, mais qu’en est-il vraiment ? À quel point les réponses des écosystèmes sont-elles semblables ?

L’analyse des auteurs a permis de distinguer en plusieurs points les stations brûlées des stations coupées. En regard de la composition, ils ont entre autres observé une plus forte abondance de rejets de tremble dans les brûlis et d’arbustes et de plantes herbacées dans les coupes.


Regénération abondante de peuplier dans un parterre de coupe. Photo : Marie-Eve Sigouin

« Lorsqu’on base l’aménagement forestier sur les processus naturels, on doit garder à l’esprit que les caractéristiques propres aux écosystèmes issus de perturbations naturelles ou anthropiques peuvent différer selon l’échelle à laquelle elles sont observées »

Certains changements sont perceptibles à toutes les échelles, comme la diversité en espèces qui était plus forte dans les coupes que dans les brûlis, notamment grâce à la présence combinée d’espèces pionnières et d’espèces de fin de succession ayant survécu à la coupe. En regard de la structure, les différences changeaient en fonction de l’échelle étudiée, mais la différence la plus importante concernait la rareté des chicots dans les coupes par comparaison avec les brûlis.

En plus de contribuer à documenter les différences en types de perturbations, cette étude a permis de soulever des questions importantes du point de vue de l’aménagement forestier. Par exemple, est-ce que la plus faible régénération en peuplier et la plus forte abondance en espèces non commerciales comme l’érable à épis et le noisetier dans les coupes menacent la productivité des peupleraies dans la région ? Ensuite, bien que des différences de composition et de structure aient été observées, ces changements ont-ils réellement un impact sur l’intégrité écologique des écosystèmes ? Bref, une étude qui apporte autant de question que de réponses et qui permettra aux chercheurs de la Chaire AFD de poursuivre leurs travaux !

Télécharger la chronique en format PDF

Pour information :
Yves Bergeron
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Tél. : 819-762-0971 poste 2347
Courriel : yves.bergeron@uqat.ca

Rédaction :
Virginie-Arielle Angers, ing.f. M.Sc.
Candidate au doctorat en biologie
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Université du Québec à Montréal

Selon l’article :
HAEUSSLER, S. and BERGERON, Y. 2004 Range of Variability in Boreal Aspen Plant Communities after Wildfire and Clearcutting. Can. J. For. Res. 34(2), 274-288.

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