Le 24 Août 2017  

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Selon une étude basée sur le revenu individuel, les inégalités sociales mondiales ont tendance à augmenter. Ceci pourrait être expliqué entre autres par la détérioration des termes de l’échange, c’est-à-dire le ratio entre le montant reçu pour les produits primaires et le prix payé pour les produits transformés. Les droits de propriétés pourraient aussi être responsables de ce déséquilibre : au Canada, par exemple, seulement 1,3% des forêts appartiennent à des communautés. C’est donc dire que seulement un faible nombre de communautés reçoit une juste part de bénéfices pour l’exploitation de leurs ressources. M. Purdon tente donc, dans le cadre de son doctorat, de déterminer si le marché du carbone pourrait offrir une solution possible à cette problématique en valorisant la gestion durable du territoire. La gestion pourrait ainsi être prise en main régionalement afin d’équilibrer les gains et diminuer l’écart entre les diverses classes économiques.

Au Canada, afin de respecter le protocole de Kyoto, les émissions de gaz à effet de serre (GES) doivent diminuer d’environ 560 Mt CO2 pour 2012, soit 6% en dessous du seuil de 1990. Plusieurs méthodes peuvent être mises en place afin d’atteindre cet objectif. La méthode la plus efficace serait d’imposer une taxe sur les émissions, ce qui pourrait être difficile à implanter puisque plusieurs semblent s’y opposer. Un système de plafond et d’échange de crédit s’avère un moyen plus réalisable sur le plan politique puisqu’on peut l’effectuer à l’échelle nationale ou internationale. Parmi certains systèmes existants, le mécanisme de développement propre (MDP) propose différents projets dans le but de diminuer les émissions de GES dans des pays en voie de développement. Les émissions non rejetées dans l’atmosphère grâce au projet pourront être échangées en crédit de carbone et émises sur le marché. Ces projets pourraient rapporter de grands capitaux et représenteraient un apport non négligeable pour le développement économique des régions. Ce système intègre la participation du public et fournit des exemples de projets bien détaillés. Le MDP inclut entre autres des projets concernant les énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la bioénergie et la reforestation. Toutefois, à ce jour, les projets concernant la séquestration du carbone dans les sols et par la conservation des forêts ne sont pas admissibles. Sur le marché du carbone, le prix d’une tonne de carbone est très variable et pourrait vraisemblablement exploser dans les années à venir. Lorsqu’il concerne un projet de bioénergie, le prix de la tonne peut varier entre 15 et 25$ alors que s’il s’agit d’un projet de reforestation, le prix se situe plutôt au environ de 5$/tCO2.

Concrètement, en Abitibi, la plantation de panic érigée (Panicum virgatum) pourrait potentiellement constituer une source d’énergie plus efficace que le bois ou le maïs et ainsi diminuer considérablement les émissions de GES. Par comparaison, les granules de panic contiennent environ 4 fois plus d’énergie que l’éthanol et demandent 3 fois moins d’énergie à produire. Les profits recueillis par la vente de ces crédits de carbone pourraient permettre un investissement majeur dans la région, à condition que les profits soient distribués équitablement. Il est aussi important de considérer que les régions peuvent se regrouper ensemble dans un même projet. Les réductions de GES peuvent être additionnées, ce qui permet de maximiser les profits. Cette caractéristique bonifie l’opportunité du marché du carbone puisque les régions ont rarement l’occasion de joindre leurs forces dans un même projet.

De façon générale, la présentation de M. Purdon exposait certains avantages qu’offre le marché du carbone. Toutefois, plusieurs questions subsistent encore quant à savoir si le marché du carbone offre une réelle opportunité pour le développement des régions. Ainsi, tout le système de propriété du territoire est à revoir afin de bien répartir les profits engendrés par la vente de crédits de carbone. Mark Purdon n’a pas fini de peser le pour et le contre de cette question puisqu’il est à mi-parcours de l’obtention de son doctorat. Il n’est toutefois pas trop tôt pour débuter un projet de cette envergure puisque, dans les années à venir, les profits environnementaux et économiques pourraient être très intéressants.

Pour avoir plus d’information sur le sujet, visitez le site web suivant : http://cdm.unfccc.int/index.html

On peut notamment y retrouver des exemples de projets admissibles au MDP et ajouter des commentaires face aux projets proposés.

Source :
Véronique Paul
Étudiante à la maîtrise en biologie
Chaire AFD

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