Le 21 Juillet 2017  

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Il y a actuellement un intérêt grandissant pour la valorisation des résidus de coupe, notamment pour la production de bioénergie. Jusqu'à très récemment ceux-ci étaient considérés comme non marchands en Amérique du Nord, mais ils sont vus de plus en plus comme une source de remplacement des combustibles fossiles. Cependant, ces résidus ont également un rôle dans le maintien des processus écologiques qu’il faut considérer.

Différentes études de terrain ont démontré que tous les types de récolte avaient un effet différent de ce qui est observé dans la variabilité naturelle crée par les feux. La coupe par arbre entier a eu, à cet égard, un effet plus important que la coupe par tronc entier sur les propriétés du sol et sur les réservoirs de cations échangeables, et notamment au niveau du Calcium, du Magnésium et du Potassium. La récolte par arbre entier exporte en effet, plus de matière organique et d’éléments nutritifs que des méthodes de récolte moins intensives telle que les coupes par tronc entier ou par bois tronçonnés, dans lesquelles feuillage, branches et ramilles sont laissés sur place. Ces effets se sont également fait sentir sur des périodes de temps de une à deux décennies après la coupe. Des résultats similaires ont également été observés sur la concentration foliaire des éléments nutritifs.

Afin d’encadrer l’industrie de la valorisation des résidus de coupe, certains pays ont développé des indicateurs basés notamment sur les types de sol, ou sur une combinaison de type d’humus et de texture des sols. L’utilisation de ce type d’indicateur pour le Québec produit des résultats non satisfaisants dans la mesure où seules les régions les plus susceptibles à l’acidification des sols par la pollution atmosphérique offraient un potentiel de mise en valeur des résidus de coupe sans risque pour les sols. Il y a actuellement le développement d’un indicateur propre au Québec basé sur le contenu du sol en cations basiques afin de déterminer les sites qui pourraient potentiellement faire l’objet d’une exploitation plus intensive de la biomasse.

Cependant, la mise en place d’une telle exploitation devra faire l’objet de suivis des opérations ainsi que d’expérience de terrain à long terme afin de vérifier que la productivité des sols forestiers ne diminue pas et également adapter les indicateurs aux nouvelles connaissances.

Source :
Hervé Bescond, candidat Ph.D. en sciences de l’environnement,
Chaire AFD, UQAT
herve.bescond@uqat.ca

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