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Avec l'avènement de la gestion durable et de la responsabilité de considérer le volet social dans les activités réalisées en forêt, la plupart des intervenants et des organisations (notamment les agences de certification forestière) reconnaissent l'importance d'inclure et d'encourager la participation du public à la planification forestière, particulièrement des communautés qui vivent dans les régions concernées. L'intégration des savoirs écologiques traditionnels dans l'aménagement constitue l'un des moyens d'arriver à combler les besoins de ces communautés, tout en répondant aux dimensions écologiques et économiques de la gestion durable. On définit ces connaissances traditionnelles transmises de générations en générations comme étant une accumulation de savoirs et de croyances sur la relation entre les êtres vivants et leur milieu, notamment en regard de la chasse, la pêche, la cueillette et la trappe. Ces connaissances sont généralement l'apanage de sociétés qui ont toujours utilisé les ressources naturelles à leur disposition pour répondre à leurs besoins, On pense évidemment aux communautés autochtones, bien que d'autres groupes, dont les connaissances remontent à plusieurs générations, ne soient pas exclus.

Mais dans la pratique, comment intègre-t-on réellement ces connaissances ? Comment implique-t-on les populations locales dans l'aménagement forestier ? Une équipe de quatre chercheurs, dont trois de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable ont cherché à répondre à ces questions. Pour ce faire, Marianne Cheveau et Louis Imbeau, de l'UQAT, Pierre Drapeau, de l'UQAM et Louis Bélanger, de l'Université Laval, ont réalisé une revue de la littérature internationale. Leurs résultats sont présentés dans le plus récent numéro de la revue The Forestry Chronicle.


Explication de plans de gestion à la communauté. Photo : Hugo Jacquemin

En se basant entre autres sur des entrevues ouvertes, des discussions, des questionnaires ainsi que sur des cartes d'utilisation traditionnelle des terres ou d'occupation du territoire, plusieurs études ont dans un premier temps recueilli des informations sur les savoirs écologiques traditionnels. Une fois répertoriées, ces connaissances peuvent être incorporées dans les plans d'aménagement, être utiles à la création d'un zonage du territoire, dans l'espace et dans le temps, et ce, afin de satisfaire différents utilisateurs ou d'être utilisées pour adapter certaines pratiques forestières. Le niveau d'implication des communautés varie beaucoup d'une étude à l'autre: on retrouve ainsi un gradient allant de la simple information des travaux à venir au contrôle des activités par la communauté, en passant entre autres par la consultation, la coopération, et la participation à des conseils de gestion.

« Résultat encourageant: Les initiatives canadiennes semblent être parmi les plus avancées »

Plusieurs difficultés ont été rencontrées et sont rapportées. On note principalement la disparition rapide des connaissances traditionnelles due à leur transmission orale, la confrontation de cultures qui rend difficile la réconciliation de deux conceptions du monde très différentes, l'attitude des scientifiques et des communautés envers les systèmes de connaissances de l'un et de l'autre et les situations politiques qui empêchent le développement d'accommodements institutionnels qui permettraient de reconnaître la validité des savoirs écologiques traditionnels.


Pêche tradionnelle sur la glace. Photo : Denis Audet

L'intégration des savoirs écologiques traditionnels représente évidemment tout un défi pour les aménagistes. Bien qu'il requière des efforts et une ouverture d'esprit considérables, et aménagement forestier moderne permettrait cependant de réduire les conflits entre intervenants et de franchir une autre étape vers la gestion durable et intégrée des forêts. Que les études proviennent de villages Sri lankais, de tribus des forêts africaines ou de communautés autochtones canadiennes, on constate que les problématiques évoquées montrent des convergences. La loi de l'inertie s'applique partout, mais les résultats de l'étude sont encourageants: les initiatives canadiennes semblent être parmi les plus avancées et plusieurs projets pilotes d'intégration des savoirs traditionnels et de gestion participative sont déjà en cours. Les développements à venir n'échapperont pas à l'œil des chercheurs de la Chaire AFD qui nous tiendront informés des nouvelles approches d'intégration.

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Pour information :
Marianne Cheveau
Candidate au doctorat en biologie
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
marianne.cheveau@uqat.ca

Rédaction :
Virginie-Arielle Angers, ing.f. M.Sc.
Candidate au doctorat en biologie
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Université du Québec à Montréal

Selon l'article :
CHEVEAU, M., IMBEAU, L., DRAPEAU, P. et L. BÉLANGER. 2008. Current status and future directions of traditional ecological knowledge in forest management: a review. The Forestry Chronicle 84 (2) 231-243.

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