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26 avr. 2017
à 12h15

Axe écologie:
Arnaud Béchet


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Cône de pin gris. Photo: Josée Noël

Lors de leur retrait, il y a environ 10 000 ans, les glaciers qui recouvraient le Québec ont éventuellement fait place à la forêt. Les espèces boréales qu’on connaît aujourd’hui ont tranquillement migré vers le nord pour occuper les distributions géographiques qu’on leur connaît aujourd’hui. Certaines espèces, comme l’épinette noire et le pin gris occupent maintenant des distributions couvrant des milliers de km² et qui traversent des gradients environnementaux importants. Avec le temps, les populations de certaines régions ont développé des caractéristiques particulières. On réfère alors à ces origines géographiques diverses comme étant des « provenances ».

Un peu à l’image de la dernière glaciation, on croit que les changements climatiques actuels auront un impact sur la composition et la distribution des espèces forestières, mais on a, jusqu’à maintenant, très peu de données concrètes à ce sujet. Par exemple, comment une espèce boréale comme le pin gris répondra-elle aux changements climatiques ? Toutes les provenances répondront-elles de la même manière ? Certaines réagiront-elles mieux que d’autres ? Le seul moyen de le savoir : rapatrier plusieurs provenances, les planter au sein d’un même site et observer leur comportement.


Paysage forestier sous influence des changements climatiques. Photo: Marie-Eve Sigouin

De telles études sont cependant longues à réaliser puisqu’on doit attendre que les arbres grandissent avant de pouvoir observer leur réponse face au climat. Heureusement, la Forêt de recherche de Petawawa constitue le terrain de jeu idéal. Un test de provenances de pin gris représentatif de 16 régions allant de l’ouest Ontarien à l’est québécois, en passant par le nord des Etats-Unis avait déjà été établi en 1966. Quatre chercheurs de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable, Yuliya Savva, Yves Bergeron, feu Bernhard Denneler et Francine Tremblay, en collaboration avec Ahmed Koubaa, de la Chaire de recherche du Canada en Valorisation, Caractérisation et Transformation du bois, ont pu bénéficier de ce dispositif expérimental unique. Leurs résultats viennent tout juste de paraître dans la Revue canadienne de recherche forestière.

« Toutes les provenances réagissent de façon similaire aux variations climatiques »

Des carottes ont été prélevées sur une vingtaine d’arbres par provenance, puis ont fait l’objet d’analyses dendrochronologiques. La croissance radiale des tiges a ensuite été comparée entre les provenances. Les chercheurs ont observé une très forte similarité dans les variations interannuelles de croissance : toutes les provenances ont ainsi réagi de façon similaire aux variations climatiques. De plus, les facteurs environnementaux qui ont une influence sur la croissance sont généralement les mêmes pour toutes les provenances. Ainsi, on a observé que la croissance d’une année donnée était fonction des précipitations de mars et de juin, ainsi que des précipitations de décembre de l’année précédente. Comme le pin gris croît généralement sur des dépôts sablonneux dont la capacité de rétention de l’eau est faible, des précipitations accrues en été lorsque l’eau est limitante ont eu un effet positif sur le potentiel de croissance de l’espèce.

Même si cette étude n’a pas démontré de grandes différences de réponse entre provenances, elle apporte des informations importantes aux chercheurs et aux aménagistes. Si le réchauffement climatique avait pour effet d’accroître la fréquence des sécheresses en été, la croissance du pin gris serait vraisemblablement affectée. Voilà pour la croissance. Mais qu’en est-il de l’impact des changements climatiques sur la mortalité ou la capacité d’adaptation à la variabilité environnementale ? Autant de nouvelles pistes de recherche pour les chercheurs de la Chaire AFD !

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Pour information :
Yuliya Savva
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Courriel : julia.savva@uqat.ca

Rédaction :
Virginie-Arielle Angers, ing.f. M.Sc.
Candidate au doctorat en biologie
Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable
Université du Québec à Montréal

Selon l’article :
SAVVA, Y., BERGERON, Y., DENNELER, B., KOUBAA, A. et F. TREMBLAY, 2008. Effect of interannual climate variations on radial growth of jack pine provenances in Petawawa, Ontario. Revue canadienne de recherche forestière 38:619-630.

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