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29 mars 2017
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Axe écologie:
John Chetelat


29 mars 2017
à 9h00

synthèse environnementale:
Evrard Kouadio


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Automne 2007, affamés à cause d'un manque de bleuets en forêt, les ours sont venus faire leur tour en ville… en plein cœur de Rouyn-Noranda! La faune sauvage est souvent considérée nuisible en milieu urbain au point de devoir faire des relocalisations forcées. À l'inverse,  lorsque ce sont les humains qui sont dérangeants en forêt, il faut reconnaître ses torts et faire un effort supplémentaire. À l'approche du 1er juillet, découvrez l'histoire des nombreux déménagements d'un couple de Balbuzard pêcheur à la Forêt d'enseignement et de recherche du Lac Duparquet.

Carte FERLD

Carte de la FERLD. Cliquez sur l'image pour obtenir un agrandissement.

Dans les années '90, un couple de Balbuzard pêcheur niche à proximité du lac Hébécourt, dans le marais adjacent, puis sur la rive, côté Est. Cette région du lac est alors peu développée et encore peu achalandée. Le nid du couple nicheur étant situé à plus de 30 mètres de hauteur, la présence de pêcheurs et de villégiateurs en chaloupe sur le lac n'est qu'une source de curiosité et de distraction.

Parallèlement, sur le lac et la forêt avoisinante, plusieurs chercheurs universitaires de l'UQAT et de l'UQAM développent un important programme de recherche et installent plusieurs dispositifs de recherche afin de mieux comprendre les processus écologiques en forêt boréale. Avec le temps, les projets de recherche se multiplient au point où, en 1995, le gouvernement du Québec crée une forêt d'enseignement et de recherche : La Forêt d'Enseignement et de Recherche du Lac Duparquet (FERLD).

En 2004 la construction de la station de recherche à la FERLD débute sur les berges du lac Hébécourt. Le nid est situé à quelques pas de la terrasse principale. La présence du couple semble d'ailleurs inspirer la municipalité de Rapide-Danseur puisque le chemin d'accès de la station est baptisé le chemin du Balbuzard.

Au printemps 2007, ne semblant pas apprécier la compagnie des chercheurs, le couple déménage à plus de 300 mètres dans la baie suivante. Pour l'observer, il faut y aller par le lac, en chaloupe.

Installation de la plate-forme

Raynald Julien lors de l'installation de la plate-forme à plus de 30 m. du sol!

À l'automne 2008 un sentier d'interprétation Le sentier du balbuzard voit le jour. Les visiteurs peuvent approcher et apercevoir le nid en parcourant ce sentier. Mais le gros peuplier mort qui supporte le nid, partiellement grugé par un castor, s'effondre au sol quelques semaines plus tard. Décidemment, rien ne va plus pour le couple de Balbuzard!

À l'hiver 2009, la FERLD procède à l'installation d'une plate-forme, tout en haut d'une épinette blanche, afin de favoriser le retour du balbuzard sur le site, Ce type de plate-forme a déjà été installée avec succès ailleurs au Québec et en Amérique du Nord, notamment dans la région de Val d'Or.

Pour éviter tout dérangement des adultes en nidification, l'accès à une section du sentier d'interprétation est fermé aux visiteurs. Un sentier alternatif, contournant les environs immédiats du nid, est aménagé pour éloigner les visiteurs du nid, et éviter la désertion du site par les balbuzards.

1er mai 2009 : De retour de migration, le couple s'installe!!! La FERLD espère que la plate-forme sera utilisée pour plusieurs années par le couple de Balbuzard et que les mesures d'accès au sentier seront satisfaisantes.

Louis Imbeau, chercheur à la Chaire AFD et membre du CEF, spécialiste de la faune nous rappelle que « les rapaces sont vulnérables au dérangement humain. La plupart des espèces doivent être à une bonne distance des activités humaines pour nicher. Si le développement de tous les lacs pour la villégiature se fait de façon un peu anarchique, en utilisant toutes les rives et toutes les îles, on perdra le Balbuzard et le Pygargue à bien des endroits ».

Nid du Balbuzard

Nouveau nid sur la plate-forme

Au Québec, les balbuzards pondent normalement trois œufs. Les œufs sont couvés pendant 35 à 43 jours et les jeunes restent au nid pour une période de 50 à 55 jours. Ceux-ci demeurent dépendants des adultes de 10 à 20 jours suivant la sortie du nid. Le mâle nourrit la femelle pendant toute la durée de l'incubation, qu'elle assume presque entièrement seule. Les couples restent habituellement unis d'une année à l'autre, les deux parents étant attachés au nid et au territoire où ils ont élevé des jeunes avec succès. Puisque les adultes vivent de 15 à 25 ans, les nids sont souvent utilisés en succession pendant une assez longue période. On estime à un peu plus de 300 le nombre de nids actifs au Québec, au sud du 50e parallèle.

Texte : Daniel Lesieur, Danielle Charron, Louis Imbeau

Photo : Claude-Michel Bouchard, Danielle Charron.

Informations tirées de Desgranges (2005), dans l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec.

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