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26 avr. 2017
à 12h15

Axe écologie:
Arnaud Béchet


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Le docteur Yassine Messaoud, ayant réalisé une thèse de doctorat à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue sur la localisation de l’écotone sapinière/pessière dans l’ouest du Québec, a présenté le projet qu’il mène actuellement dans le cadre de son stage post-doctoral sous la direction du docteur Han Chen, à l’Université Lakehead en Ontario. Le Dr. Messaoud se penche tout particulièrement sur la question des effets climatiques sur la croissance en hauteur des arbres en Colombie-Britannique.

« … les espèces [d’arbres] réagissent positivement [aux changements climatiques], oui, mais pas toutes à la même vitesse. »

Selon un nombre croissant études, les changements climatiques que nous vivons depuis plusieurs décennies devraient engendrer des changements physiologiques chez les espèces végétales. Ces changements ne sont pas sans conséquences économiques et écologiques. Étant parmi les chercheurs s’intéressant aux effets des changements climatiques sur les arbres, le docteur Yassine Messaoud a abordé, de façon plus spécifique, la croissance en hauteur. Si l’atmosphère se réchauffe, il est intuitif d’assumer que plusieurs aspects physiologiques, dont la hauteur, des arbres seront positivement affectés en raison de réactions chimiques facilitées par une énergie thermique plus élevée. Le conférencier a par ailleurs indiqué la prostration de l’épinette noire comme changement dû au climat. Toutefois, selon le résultat des recherches du Dr. Messaoud, chaque espèce d’arbre est affectée de façon différente par les changements climatiques.

PEP BC
Figure 1. Répartition des 3003 placettes utilisées provenant du Ministère de la Forêt de la Colombie-Britannique.

En se servant des données de sylviculture du Ministère des Forêts de la Colombie-Britannique récoltées dans près de 3000 placettes (voir Figure 1), le Dr. Messaoud a examiné la hauteur de 14 espèces d’arbres réparties dans la province de la Colombie-Britannique et ce, à l’âge de référence de 50 ans. Le calcul de la croissance des arbres a été basé sur les «site index» dans le but d’analyser la hauteur de l’arbre le plus dominant de chaque espèce présente par placette. La croissance des arbres a été évaluée selon leur période d’établissement qui se situe entre le début du 19e siècle, soit pendant la période de la «petite aire glacière», et le milieu du 20e siècle qui fut une période plus clémente. En comparant la croissance en hauteur des arbres avec la période d’établissement, la température maximale de la période estivale et l’indice de sévérité de sécheresse de Palmer (données provenant du National Oceanic and Atmospheric Administration), le Dr. Messaoud a remarqué que c’est le premier facteur (la période d’établissement) qui expliquait le mieux la croissance en hauteur des arbres localisés dans des secteurs où les conditions environnementales sont limitantes. De plus, en nous présentant quatre groupes d’arbres distincts classifiés selon leurs caractéristiques écophysiologiques similaires (e.g. tolérance à l’ombre, forme des feuilles), le chercheur en provenance de l’Université Lakehead a affirmé que les changements climatiques ont et auront un effet différent selon ces groupes.

En plus de l’importance des caractéristiques ontogéniques des espèces étudiées, les 14 espèces mises à l’étude sont réparties dans 10 zones bioclimatiques de la Colombie-Britannique. Le Dr. Messaoud a ainsi réitéré l’importance de connaître l’effet des microclimats et la topographie sur la croissance des arbres car dépendamment de la localisation géographique, les réponses pourraient être non seulement différentes de façon interspécifique, mais également de façon intraspécifique. 

La conférence s’est terminée avec une période de question qui a d’abord amené la possibilité de faire le même genre de travail au Québec. En réponse à la question, le Dr. Yassine Messaoud a indiqué ne pas être certain de cette possibilité mais qu’il serait intéressant de le faire en raison de la topographie très différente comparativement à celle de la Colombie-Britannique. Une autre question mettant en doute la réelle implication des changements climatiques sur la croissance des arbres a ensuite été soulevée. Le Dr. Messaoud a répliqué en assurant que, selon certaines études dont Lloyd et Bunn (2007), l’effet de la pollution sur la croissance des arbres, par exemple, était négligeable lors des périodes d’établissement des arbres utilisés dans ses recherches: ce qui réduit la marge d’erreur.

Référence dans le texte :

  • Lloyd, A. H., et A. G. Bunn. 2007. Responses of the circumpolar boreal forest to 20th century climate variability. Environmental Research Letters 2: 1-13

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Résumé de la présentation:
Dominique Fauteux
Étudiante à Maîtrise en biologie, UQAT

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