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Midi-Foresterie

Le 29 novembre 2011, la Chaire CRSNG-UQAT-UQAM en Aménagement Forestier Durable a eu le plaisir de recevoir M. Claude Villeneuve. Biologiste de renom avec plus de 30 ans de carrière, M. Villeneuve est actuellement professeur en sciences fondamentales à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ainsi que directeur de la chaire de recherche et d’intervention en Éco-Conseil. Spécialiste dans la réalisation d’analyse de cycle de vie (ACV), M. Villeneuve nous a fait la démonstration de la contribution possible des matériaux de bois dans la lutte aux changements climatiques ainsi que l’importance des données primaires dans les ACV notamment dans le domaine forestier du Québec.

Les changements climatiques

Les changements climatiques sont sans équivoque et résultent d’une émission de gaz à effet de serre (GES) atmosphérique excédentaire à ce que peuvent capter les systèmes naturels. Les plus importantes sources de GES sont générées par l’activité humaine et trouvent leur origine dans l’utilisation de combustibles fossiles fournissant 85% de l’énergie mondiale. Or, la croissance économique indique que les émissions de GES continueront d’augmenter, contribuant au réchauffement du climat qui en retour affecte le vivant. Le scénario le plus plausible prévoit que d’ici 2090 la concentration de CO2 atmosphérique atteindra 3 fois la concentration préindustrielle. Ceci s’accompagne d’une augmentation de température de plus de 6°C, augmentation que M. Villeneuve qualifie « d’extrêmement considérable ». Pourquoi est-ce si considérable? En fait, le climat a varié de 0,2°C pendant les 1000 dernières années et celui-ci va varier de 2,4°C dans les 100 prochaines. Selon M. Villeneuve, cette situation représente « un enjeu adaptatif extrêmement important ». Or, l’inertie du système fait en sorte que même en arrêtant aujourd’hui de rejeter du CO2, le temps d’ajustement des systèmes naturels prendrait plus d’un siècle et donc, le réchauffement du climat se poursuivra. Or, Il est possible de diminuer ces impacts en prenant des mesures vigoureuses d’atténuation.

Stratégie de lutte aux changements climatiques dans le domaine forestier

« Dans l’ACV il est très important d’aller chercher les données les plus proches possible du terrain. »

Les forêts étant des puits de carbone, elles ont une grande importance dans la lutte aux changements climatiques. Il y a 5 réservoirs de carbone dans une forêt : les troncs, les branches, les sols, les racines et la matière ligneuse morte. Ces réservoirs représentent une masse de carbone capté par la photosynthèse. En effet, les forêts du monde contiennent la même quantité de carbone séquestré que l’atmosphère dans son ensemble. Selon M. Villeneuve, les produits du bois à longue durée de vie (HWP) s’ajoutent à ces 5 réservoirs. La stratégie de lutte aux changements climatiques dans le domaine forestier serait donc d’augmenter l’efficacité du puits (la forêt) en maximisant sa croissance et en la protégeant des perturbations. De plus, M. Villeneuve souligne une contribution importante de l’utilisation de la production ligneuse pour des produits à longue durée de vie ainsi que la substitution de carburants fossiles en tenant compte des caractéristiques de cycle de vie.

La notion de cycle de vie

Un produit qui répond à un besoin aujourd’hui peut avoir eu des impacts sur l’environnement depuis l’extraction des ressources qui le composent, en avoir tout au long de son utilisation et en provoquer lors de sa disposition ou de son démantèlement. La notion de cycle de vie permet d’avoir une vue d’ensemble des impacts de l’acquisition des ressources jusqu’à la fin de vie du produit. L’ACV est donc une approche normalisée reconnue comme un outil de balisage pour la production et la consommation responsable. L’ACV détermine l’émission de GES à chaque étape de vie d’un produit. Cette méthode permet non seulement de comparer les produits entre eux, mais aussi d’améliorer la phase du cycle de vie dans lequel il y est le plus avantageux de diminuer les émissions et soutenir ainsi l’éco-conception. Or, cette méthode a certaines limites notamment au niveau des bases de données disponibles ainsi que de la représentativité géographique, temporelle et technologique.

De plus en plus, il y a une prise en considération des particularités régionales dans les ACV et cela exige d’avoir des données primaires spécifiques. D’ailleurs, M. Villeneuve nous a démontré comment les données primaires peuvent être influencées par le « terrain ». Par exemple, un produit n’aura pas le même impact au Québec, où la principale source d’énergie est l’hydroélectricité, comparativement aux États-Unis où le charbon est principalement utilisé.


Tiré de www.ciraig.org

Le projet carbone-boréal

Les landes à lichen sont des territoires naturellement dénudés où la forêt séquestre peu de carbone. Ces landes représentent 7 % de la pessière à mousse de la forêt boréale. Le reboisement de ces milieux a donc un potentiel élevé dans la séquestration de carbone. Le projet carbone boréal consiste à établir des forêts de recherche dans ces milieux. Un bilan de carbone par une  ACV de cette plantation est effectué avec des données primaires afin de déterminer la quantité de carbone séquestré avec le temps.

La méthode consiste à modéliser l’évolution d’une plantation jusqu’à 70 ans ainsi qu’une lande à liche non reboiser. La différence entre ces deux permet d’obtenir la quantité de carbone séquestré par la plantation. L’avantage d’avoir des données primaires est qu’il est possible de tenir compte des émissions de carbone lors de l’établissement de la plantation. En soustrayant les valeurs d’émissions de carbone obtenues avec les données primaires, il est possible de réaliser un scénario réel qui représente le vrai potentiel de séquestration du carbone d’une plantation et déterminer quand la plantation devient un puits plutôt qu’une source de carbone. De plus, carbone boréal est un programme qui vend des compensations de GES pour soutenir la recherche. La vente des compensations permettra de financer la recherche, dont 5 maîtrises et 2 professionnels, jusqu’à maintenant.

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Résumé de la présentation:
Julie Fradette, candidate à la maîtrise en sciences de l'environnement, UQAT

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