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Jardinage

La Chaire CRSNG-UQAT-UQAM en Aménagement Forestier Durable a reçu au sein des midis de la foresterie le professeur Marc-André Villard, ce mardi 7 février 2012. Marc-André est professeur au Département de biologie de l’Université de Moncton, Nouveau-Brunswick. Il est également chercheur associé au CEF depuis 2011, après avoir détenu une chaire de recherche en conservation des paysages depuis 2001. Spécialiste de l’écologie des oiseaux forestiers et l’écologie des paysages, M.A. Villard s’intéresse plus particulièrement aux effets de la fragmentation des habitats sur le succès de reproduction des oiseaux. Il est ainsi venu nous présenter ses travaux concernant l’importance de la structure forestière pour l’avifaune et notamment les résultats d’études sur la réponse d’espèces indicatrices de forêts matures à des coupes expérimentales de jardinage.

L’objectif du projet était d’identifier les processus associés aux limites de tolérance d’espèces sensibles à l’exploitation forestière afin contribuer au développement de plans d'aménagement forestier permettant de maintenir un habitat de qualité pour ces espèces spécialistes de vieilles forêts. La présentation visait à répondre à la question suivante:

La foresterie intensive influence-t-elle le succès de reproduction, les mouvements et la sélection d'habitats chez certaines espèces d'oiseaux ?

Succès de reproduction, micro-habitat et matrice de paysage

« Même un traitement d’intensité modérée peut affecter certaines espèces dans leur succès de reproduction »

Le seuil critique de présence du Grimpereau brun au Nouveau-Brunswick a été estimé à 66 tiges >30cm Dhp/ha (Guénette et Villard 2005). Il s’avère cependant, que ce seuil double, pour atteindre plus de 125 grosses tiges à l’hectare, quand on compare les sites avec ou sans nid de grimpereau. Ainsi, même une coupe de jardinage cause une réduction de la densité de nids dans un peuplement. De même, le taux de survie quotidien des nids suivis semble affecté négativement par la proportion de plantations d’épinettes à l’échelle du paysage, alors qu’il est clairement avantagé par une distance plus grande à la plus proche lisière.

Ainsi, même un traitement d’intensité modérée peut affecter certaines espèces dans leur succès de reproduction ; on ne peut donc pas toujours se fier uniquement aux variables permettant de prédire l’occurrence. Pour nicher, le Grimpereau requiert apparemment des parcelles non traitées de faible superficie.

Sélection d’habitat suite à une modification de la structure du paysage

Grimpereau brun
Grimpereau brun (Certhia americana)
(©M. Edman)

La sélection d’habitat a été mise en évidence par l’étude de la réponse de Parulines couronnées mâles baguées avant et après une altération expérimentale de l’habitat (coupe de jardinage) suivant un dispositif BACIP (Before-After-Control-Impact Pairs). Le taux de retour, le pourcentage de nouvelles recrues ainsi que le taux de survie des mâles ont été suivis sur plusieurs années avant et après la coupe afin d’évaluer l’impact de celle-ci.

L’expérience montre que les vieux mâles territoriaux sont majoritairement revenus sur la même parcelle la première année post-perturbation, mais ont agrandi leur territoire, probablement en raison d’une moins grande abondance de nourriture. L’effet du traitement sur le taux de retour est devenu significatif la seconde et troisième année après coupe, où les zones traitées, perçues par les mâles expérimentés comme de moins bonne qualité, étaient occupées majoritairement par les jeunes mâles de l’année. Le taux de survie apparent également plus élevé dans les zones témoins que dans les zones traitées variait cependant plus en fonction des années qu’en fonction du traitement.

Ainsi, en dépit d’un déclin observé en termes de densité, de taux de retour et de productivité, suite aux coupes réalisées, la réponse de la population à la perturbation a été bien moins dramatique qu’attendue.

Perméabilité du paysage

La perméabilité du paysage aux mouvements des individus a été testée par translocation d’individus mâles territoriaux de Paruline couronnée au sein de deux paysages : l’un dont la matrice est dominée par des plantations d’épinettes de 10 ans et plus, l’autre par des érablières. Le taux de retour s’est avéré deux fois plus élevé pour la matrice de feuillus que pour la matrice de plantations, montrant ainsi une perméabilité moins importante de cette dernière. L’âge et les caractéristiques physiques des oiseaux n’ont eu aucun effet sur leur probabilité de retour.

Risque-t-on de créer des pièges écologiques par l’exploitation forestière inspirée des perturbations ?

Jardinage
Coupe de jardinage. © Marc-André Villard

L’aménagement écosystémique semble être un bon compromis entre l’exploitation et la conservation. Ainsi, ce type d’aménagement, inspiré des perturbations naturelles, permet une exploitation de la forêt tout en limitant le plus possible l’uniformisation des paysages. Toutefois, il arrive parfois que certaines interventions d’aménagement écosystémique (ex. : coupes d’éclaircie) créent des conditions attirantes pour la faune sans toutefois leur fournir un habitat de qualité. Des analyses détaillées sur la séquence d’occupation des territoires par la Paruline couronnée au retour de la migration printanière et sur sa densité, suggèrent qu’elle reconnaît les sites traités par divers types de coupe partielle comme étant de qualité inférieure à celle de sites témoins (non-traités).

Puisque le type d’exploitation forestière et son intensité varient grandement d’un endroit à l’autre, il est important d'évaluer la tolérance de différentes espèces à cette exploitation. Les responsables de l’aménagement forestier pourront alors doser cette intensité en fonction des objectifs de conservation qu’ils se fixent. Certains secteurs pourront être voués à la production intensive de matière ligneuse alors que d’autres rencontrent les exigences de la faune et la flore sensibles à la récolte de bois.

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Résumé de la présentation :
Pauline Priol, étudiante à la maîtrise en biologie, UQAT

Rediffusion

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