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Perspectives paléoécologiques à la planification de l’aménagement du territoire -ça ne date pas d’hier!

Dans le cadre des Midis de la foresterie organisée par la Chaire AFD, nous avons eu l’occasion de recevoir Walter Finsinger, chercheur au CNRS au sein du Centre de Bio-Archéologie et d’Écologie de Montpellier (France). Spécialiste de l’étude des environnements anciens et de palynologie, il est venu nous présenter l’intérêt que peut représenter la prise en compte des perspectives à longs termes des changements environnementaux pour les plans d’aménagement et de conservation du paysage.

La première notion à préciser pour répondre à ces questions est de définir ce que représente des « enregistrements (données) à long-termes ». Il est important de s’entendre là-dessus car différents consensus existent à ce niveau là.

Qu’est-ce que la paléoécologie ?

Cette présentation a permis de faire une introduction au domaine de la paléoécologie qu’il ne faut pas voir comme une science à part entière mais comme une composante du vaste domaine des sciences écologiques.

La paléoécologie n’est pas un domaine familier, c’est pourquoi il est nécessaire d’en avoir une définition claire. Tandis que la néoécologie s’intéresse au présent, et que l’écologie prédictive s’intéresse au futur, la paléoécologie est simplement une partie de l’écologie mais qui s’intéresse aux environnements passés. La frontière entre passé et présent n’est pas vraiment claire et varie beaucoup en fonction des scientifiques, elle serait autour de 100 ans. Les relations entre le passé et l’actuel sont permises par le « principe d’uniformatisation » de Lyell (1830) selon lequel les processus naturels actuels fonctionnent également pour le passé et vice et versa. Les enregistrements à long terme nous permettent d’appréhender les changements dans l’espace et dans le temps.
Les concepts de niches écologiques potentielles et de niches écologiques réalisées sont des concepts clés qui permettent d’obtenir 3 grandes trajectoires écologiques possibles face à une modification d’une ou de plusieurs conditions environnementales : la persistance, la régression (ou extinction), la colonisation.

Les grands résultats des études paléoécologiques

La plupart des études paléoécologiques se sont intéressées jusqu’à présent à l’Europe et à l’Amérique du Nord où les cycles de glaciation-déglaciation ont représenté un facteur limitant la progression des populations végétales vers le nord.

Les différents enregistrements d’archives biologiques comme les pollens ou les macrorestes végétaux (bois, graines, feuilles, etc.) ou animaux (fossiles) ont permis d’étudier les mouvements des populations végétales au fil des cycles de glaciation-déglaciation. Des zones dites « refuges » ont été identifiées en Europe et en Amérique du Nord, où les populations pouvaient se maintenir malgré les forts changements climatiques subits.
Pendant les phases interglaciaires, la recolonisation s’est faite à partir d’une ou de plusieurs zones refuges selon les cas. La rapidité de recolonisation dépend de plusieurs facteurs :

  • les distances de migration à partir des refuges
  • les facteurs biologiques intrinsèques à chaque espèce (vitesse de migration et de dispersion des semences, compétition, l’âge de régénération, etc.)
  • les facteurs climatiques qui déterminent l’expansion préférentielle de certaines espèces à certains moments

Les limites de la paléoécologie

Il est important pour autant de noter les limites des études paléoécologiques. L’importance relative d’une concentration en pollen ou en macrorestes végétaux ne traduit pas forcément la même importance relative d’individus de chaque espèce en question. Différents paramètres de conservation du matériel biologique, ainsi que des conditions de transports et de dépôt de ce même matériel varient en fonction des espèces et des lieux d’étude. Par ailleurs, une absence de pollen dans les enregistrements palynologiques (ou de macrorestes) n’indique pas forcément une absence de l’espèce dans le paysage.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que la complémentarité entre les différents types d’archives biologiques est importante à prendre en compte pour que les observations tendent au maximum vers une réalité. Des grosses bases de données comme Neotoma permettent de répertorier l’ensemble des études paléoécologiques effectuées et d’appréhender les processus à la fois dans le temps et dans l’espace.


Carte du monde représentant en rouge des lieux où des données paléoécologiques sont disponibles.

L’aide apportée aux questions d’aménagement et de conservation

Les comparaisons entre les estimations paléoécologiques et les observations actuelles permettent de définir que les taux de migrations des espèces sont fortement surestimés en paléoécologie ; les taux de dispersion sont surélevés ce qui n’est pas une information négligeable pour répondre aux questions de réponse des espèces face aux changements climatiques en cours.
Par ailleurs, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) ne prend pas encore en compte les risques d’extinction à long terme, mais seulement sur trois générations ou 10 ans, ce qui représente un laps de temps insuffisant pour une grande partie de la diversité étudiée, au vu des conclusions des études paléoécologiques.


L'importance à long terme des populations en marge de l'aire de distribution. Schéma issu de Hample et Petit, 2005.

La perte de biodiversité en Europe fut importante avec la suite des glaciations-déglaciation. Ceci s’explique notamment par l’orientation est-ouest des chaines de montagnes et la méditerranée qui constituent des barrières physiques à la migration des espèces contrairement à l’Amérique du Nord où la perte de biodiversité est moindre.

Les populations isolées en marge de l’aire de distribution de l’espèce sont importantes à prendre en compte dans les bilans de diversité.

Au départ, l’idée générale était de maintenir les populations refuges situées en zone sud, car se sont-elles qui possèdent le pool de diversité génétique de recolonisation. Or, des études ont constaté la présence de zone refuge plus au nord que ce que la communauté scientifique l’imaginait. Cette antithèse a rendu obsolète la question de conservation des zones refuges sud uniquement. « Il ne faut pas seulement conserver les marges sud, mais aussi les nord, car l’ensemble de la diversité génétique est importante ».

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Résumé de la présentation : Aurore Lucas, étudiante au doctorat en Sciences de l’environnement, UQAT.

Rediffusion

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