Le 25 Juin 2017  

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C’est le 9 avril dernier que Monsieur Paillé, ingénieur forestier, PhD, maintenant à la retraite, est venu à l’UQAT pour donner une conférence ayant pour titre « Une façon différente de voir la forêt ». En quelque sorte, cette conférence a fait un survol de la  table des matières de son récent livre, Histoire forestière du Canada, publié en 2012.

Pour Monsieur Paillé, l’idée centrale est, qu’en comprenant mieux le passé, il sera plus facile de se projeter dans l’avenir, et ainsi éviter de reproduire les mêmes erreurs. Il a donc désiré offrir un héritage de savoir à la génération de futurs forestiers et scientifiques de la forêt. Afin de réussir le défi de sa conférence, soit de résumer les derniers 150 ans d’histoire de la forêt canadienne en 45 minutes, M. Paillé a divisé sa présentation en quatre sections, à l’image de son livre.


photo : Gilbert Paillé

Administration des Terres
Au départ, le Canada constituait un jeune et grand pays, dont les frontières ont connues de nombreux changements suivant les dates marquantes de son histoire. Étant donné la grande richesse trouvée sur les terres initialement, elles ont longtemps été exploitées principalement dans l’optique de développement et d’approvisionnement en bois, fourrure, eau et autres ressources pour les besoins du jeune pays mais aussi pour alimenter d’autres pays. Toutefois, à l’entrée du jeu, M. Paillé souligne un fait incontournable : puisque les autochtones peuplaient ces terres depuis des millénaires avant l’arrivée des blancs européens, des revendications de leur part remettent en cause la tenure actuelle des territoires forestiers.

Dès l’arrivée des premiers colons, les plus belles et fertiles terres furent données en cadeau par le Roi : plus de 220 seigneuries furent créées sur ce qui constitue aujourd’hui le Québec. Ainsi, bien que 95% du reste du territoire demeura public, la qualité de ces terres était moindre. Le pays fût donc défriché dans l’optique d’accroissement jusque dans les années 1900. Ce n’est qu’après cette période, qu’une partie des terres publiques furent réservées pour la conservation par la création, entre autres, de réserves naturelles et de parcs nationaux et provinciaux.

La question de conservation des territoires forestiers, et particulièrement l’objectif de protection de 12% du territoire semble préoccuper M. Paillé, non pas uniquement à cause de l’objectif lui-même, mais plutôt à cause de la multiplicité des types de tenures et d’intervenants responsables – des parcs nationaux canadiens aux réserves écologiques et parcs municipaux, en passant par des parcs nationaux québécois, les écosystèmes forestiers exceptionnels, ainsi de suite. Il se questionne d’ailleurs sur la capacité financière et organisationnelle - actuelle et futures - de la société et des diverses autorités d’assurer la protection de tous ces territoires et en même temps d’assurer que la société future en tire bien des bénéfices.


photo : Gilbert Paillé

Administration des forêts
Bien que la confédération canadienne ait eu lieu en 1867, il fallut attendre plus de huit décennies pour qu’une première loi sur les forêts apparaisse. Jusque-là, 34 modes de tenures se sont succédés ce qui n’eut pour résultat que de complexifier l’administration des terres et des forêts. En effet, même si le Canada est reconnu pour être un pays de forêt, il n’y a actuellement aucun ministre des forêts ni au fédéral ni au Québec, ce qui contribue, selon M. Paillé, à tenir les compagnies forestières dans l’ignorance des lois et programmes fédéraux et des enjeux commerciaux (et autres) qui pourraient les affecter en plus de créer de l’insécurité auprès des populations vivant dans les régions dépendantes des ressources forestières.


photo : Gilbert Paillé

Aménagement et gestion des forêts
Au cours des derniers siècles, différentes philosophies se sont succédées en ce qui a trait à l’aménagement et la gestion des forêts, suivant l’évolution des différents besoins de la société. Ainsi, lors de la période de 1600-1900 on défrichait les forêts pour permettre l’agriculture, puis de 1900 à 1950, plusieurs mouvements de conservation ont permis la création de réserves et parcs. Toutefois, au cours de la période 1950-2000, des ententes entre le gouvernement fédéral et les provinces visaient à développer l’aménagement forestier et à sortir le secteur forestier de l’âge de pierre, en se basant sur des philosophies forestières étrangères. Néanmoins, depuis la fin de cette période, ces ententes n’ont pas été renouvelées et les moyens actuels pour financer l’aménagement et la sylviculture au Canada sont terriblement inadéquats par rapport aux besoins. Ceci pourrait être expliqué, selon M. Paillé, par la faible reconnaissance de la valeur culturelle et économique des forêts et du secteur forestier industriel de la part de la population canadienne en général. Il ajoute que le besoin d’aménager est urgent et qu’une nouvelle révolution culturelle est vitale.

Pour M. Paillé la forêt est comme un potager : « une forêt devrait se cultiver et non être laissée à l’abandon » pour assurer le meilleur rendement. Il est d’ailleurs de l’avis que nous aurions tous intérêts à observer la manière dont certains pays européens, particulièrement la Suède, gèrent et aménagent leurs forêts.


photo : Gilbert Paillé

Protection de l’environnement
Depuis les années 1960, une conscientisation répandue et des changements législatifs concernant l’utilisation des ressources ont grandement influencé la manière dont les compagnies forestières canadiennes exploitent la matière ligneuse, protègent l’eau, l’air et la biodiversité de manière générale. M. Paillé déplore, cependant, que leurs efforts «inouïs» ne furent pas reconnus par les politiciens, la population, ainsi que par les environnementalistes. Leur « mauvaise cote » auprès de la population demeure constante dans le temps. En 1990, le gouvernement fédéral a lancé un important programme, le Plan vert, en investissant plus de 15 milliards de dollars dans le secteur forestier sur une période de 15 ans. Ce programme comprenait de nombreuses initiatives novatrices qui se sont traduites par des retombées importantes mais, malgré l’ampleur de celles-ci, les retombées ont malheureusement sombré dans l’oubli.

Finalement, M. Paillé nous met en garde : on fait l’erreur, selon lui, d’empêcher le développement sous prétexte de vouloir protéger l’environnement. Il nous rappelle que la forêt canadienne devrait constituer une fierté pour tous les citoyens, par la grandeur et la richesse de cette ressource et, qu’à trop vouloir la protéger, on la perdra!

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Résumé de la présentation :

Mathilde Girard-Robert, étudiante à la Maîtrise en biologie, UQAT

Rediffusion :
Votre horaire ne vous permet pas d'assister à une conférence des Midis de la foresterie! Soyez sans crainte les conférences sont maintenant enregistrées. Celles-ci seront disponibles, sur approbation de l'auteur, deux semaines suivant la conférence.

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