Le 25 Avril 2017  

? cherchez :  

À surveiller prochainement...

26 avr. 2017
à 12h15

Axe écologie:
Arnaud Béchet


 facebook
Panopto Youtube

Parcelle expériementale

À l’occasion du premier Midi de la foresterie de l’année 2014, nous avons eu la chance d’accueillir José Antonio Bonet, professeur associé à l'Université de Lleida (Espagne) et coordinateur du programme de master de la foresterie méditerranéenne et gestion des ressources naturelle (MEDFOR). Monsieur Bonet nous a présenté une conférence intitulée « La production de champignons intégrée dans la gestion forestière : est- ce possible? L’exemple de la Catalogne».

Pour plusieurs pays en Europe, et en Espagne en particulier, la récolte des champignons comestibles sauvages est une activité traditionnelle bien établie. Les champignons forestiers occupent une large place dans la gastronomie du pays et donc constituent une ressource forestière non ligneuse de valeur importante. Comme la cueillette et la mise en marché de champignons existent depuis longue date, la filière de commercialisation des champignons forestiers comprend de nombreuses associations et regroupements de cueilleurs et commerçants. Par contre, la popularité et la pression de la cueillette font en sorte qu’un effort important soit maintenant consacré à la sensibilisation des cueilleurs à l’écologie des champignons et à l’importance des pratiques durables de récolte

Parcelle expériementale
Parcelle permanente. Photo : J.A. Bonet

La majorité des champignons forestiers comestibles qui sont mis en marché appartiennent au groupe des mycorhizes, c'est-à-dire champignons vivant en symbiose avec les arbres. Beaucoup de champignons sont comestibles mais seulement une fraction de ces espèces est couramment commercialisée. Dans la Catalogne (nord-est de l'Espagne), les champignons comestibles tels que Lactaire délicieux (Lactarius deliciosus) et la Truffe noire (Tuber melansporum) sont très appréciés, ce qui a suscité un intérêt scientifique particulier pour ces deux derniers. Les questions concernant les facteurs (topographiques, météorologiques, caractéristiques du peuplement) influençant leur production, les effets potentiels des pratiques forestières ainsi que l’augmentation rapide du marché des champignons sauvages comestibles ont fait émerger un nouveau champ d’étude en sciences forestières, à savoir la mycosylviculture. Celle-ci vise à évaluer les conditions abiotiques et sylvicoles favorisant la production de champignons et à mettre en évidence la valeur ajoutée des champignons qui poussent dans les plantations ou des forêts aménagées. Depuis son doctorat, Monsieur Bolet développe les connaissances en mycosylviculture et, avec ses collaborateurs, il a développé des modèles empiriques de production de champignons basés sur des caractéristiques des peuplements forestiers et d’autres facteurs comme prédicteurs. Les suivis à long terme s’avèrent extrêmement important pour capturer la variation de production des champignons entre les sites et entre les années, variation qui est prise en compte par la technique de modèles mixtes.

Il en résulte que la surface terrière du peuplement s’avère la variable de structure du peuplement la plus significative pour prédire la production des champignons. Ce résultat est intéressant parce que la surface terrière est un paramètre de peuplement facilement mesurable et une cible qui peut être visée lors des traitements tels que des éclaircies commerciales ou autres formes de coupe partielle. Ceci étant dit, d’autres prédicteurs tels que la pente l’altitude et l’exposition et encore d’autre moins prévisibles comme les précipitations automnales, étaient importants.

Enfin, ces modèles visent à soutenir les décisions d’aménagement forestier et à prédire (ou du moins à anticiper) les rendements de la production des champignons dans la planification forestière. Toutefois, une continuité de l’analyse des données à plus long terme permettrait une meilleure compréhension des facteurs importants à tenir en compte pour une bonne production de champignons comestibles. Les recherches de M. Bonet démontrent que la ressource bois et la ressource champignon peuvent être gérées en même temps – et sans nécessairement compromettre la valeur de l’une ou de l’autre. En quelque sorte, l’arbre et les champignons ne forment qu’un seul organisme et cette association favorise la croissance des deux partenaires.

Résumé par Sarah Foudil-Bey, étudiante en Maîtrise en biologie , UQAT

Références

  • BONET, J.A.; DE-MIGUEL, S.: MARTÍNEZ DE ARAGÓN, J.; PUKKALA, T.; PALAHI, M. 2012. Immediate effect of thinning on the yield of Lactarius group deliciosus in Pinus pinaster forests in North-Eastern Spain. Forest Ecology and Management, 265: 211-217. (DOI 10.1016/j.foreco.2012.06.034).
  • BONET, J.A.; PALAHÍ, M.; COLINAS, C.; PUKKALA, T.; FISCHER, C.R.; MIINA, J. & MARTÍNEZ DE ARAGÓN, J. 2010. Modelling the production and species richness of wild mushrooms in pine forests of Central Pyrenees in north-eastern Spain. Canadian Journal of Forest Research, 40: 347-356 (doi:10.1139/X09-198).

Télécharger le résumé

Rediffusion :
Votre horaire ne vous permet pas d'assister à une conférence des Midis de la foresterie! Soyez sans crainte la conférence est disponible via Panopto.

retour à la liste des nouvelles

Dernières nouvelles:

5 avr. 2017:
Top 10 mondial en foresterie, L'UQAM se classe au sixième rang pour la qualité de ses recherches.