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Jürgen Bauhus, professeur à l’université de Freiburg en Allemagne, est venu nous présenter une partie de ses travaux de recherche sur les espèces d’arbres mineures d’Europe centrale. Les espèces d’arbres mineures sont des espèces qui ont une distribution éparpillée et qui ne représentent qu’une faible proportion des arbres à l’intérieur des peuplements dominés entre autres par le chêne sessile ou le hêtre commun. Le concept d’espèces mineures n’a pas encore vraiment de définition au sens strict du terme, ce concept a été évoqué dans un premier temps par un programme européen sur la génétique des espèces forestières : European Forest Genetics Programme (EUFORGEN). Ce programme, qui vise à améliorer la conservation des espèces, s’est intéressé aux espèces mineures d’arbres en raison de leur fragilité à l’érosion génétique, de leur faible fréquence d’apparition, ainsi que de certaines pratiques forestières.

Au cours de sa conférence, le professeur Bauhus nous a décrit les espèces mineures comme étant d’un grand intérêt dans la conservation de la biodiversité. Selon lui, elles seraient également en mesure de prendre une part plus importante en sylviculture dans le contexte des changements globaux. Notamment si ces espèces présentent une meilleure résistance à la sècheresse. Car selon les prédictions de l’Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), le climat futur en Europe sera beaucoup plus sec qu’il ne l’est maintenant. Outre leur potentiel d’adaptation aux changements globaux, les espèces mineures peuvent posséder des atouts relatifs à la qualité de leur bois et de la production de fruits, ce qui leur confère des qualités économiques intéressantes.

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Afin d'augmenter des connaissances déficientes sur ces espèces, le conférencier s’est penché sur l’effet de la sècheresse sur 4 espèces d’arbres mineurs (Sorbus domestica, Sorbus torminalis, Acer campestre, Acer platanoides) comparés à 2 espèces communes (Quercus petrea and Fagus sylvatica). Des mesures physiologiques ont été pratiquées dans le but d’étudier la résistance et la capacité de rétablissement à la sècheresse des espèces sélectionnées. L’étude s’est déroulée sous serre, avec 3 conditions environnementales contrôlées différentes : une situation de contrôle où les espèces sont arrosées de manière régulière, un groupe qui n’a pas reçu d’eau durant toute l’expérience et un troisième groupe qui a été arrosé à 10, 18 et 32 jours.

Les résultats principaux de cette expérience indiquent que ce sont les semis A. campestre et A. platanoides qui se sont montré les plus résistants à la sècheresse. Durant l’expérience, aucune mortalité n’a affecté les semis du genre Acer. Les semis de S. domestica et S. torminalis ont montré la plus faible résistance à la sècheresse. Chez les espèces d’arbre majeures, c’est le chêne sessile qui a montré la meilleure résistance à la sècheresse, juste derrière celle des érables. Le hêtre commun a montré une faible résistance à la sécheresse, mais tout de même meilleure que celle des deux sorbiers. Les résultats relativement au rétablissement après sècheresse ont montré que les deux sorbiers n’étaient pas en reste, car ce sont ces espèces qui possédaient le meilleur rétablissement. Ce qui est également le cas de Fagus sylvatica alors que les espèces du genre Acer et Quercus petraea ont montré des taux de rétablissement plus faibles. Deux stratégies d'adaptation à la sècheresse sont donc ressorties des résultats. Les espèces étudiées occuperaient des niches différentes à l’intérieur d’un même peuplement ce qui limiterait la compétition interspécifique dans les conditions de sècheresse plus sévère. Cette diversité permettrait d’améliorer la résistance et la résilience des écosystèmes forestiers aux changements globaux.

De meilleures connaissances écologiques, physiologiques et génétiques des espèces d’arbres mineures pourraient contribuer à des décisions plus éclairées relativement à la conservation ou sylviculture de ces essences. De plus, beaucoup d’espèces mineures possèdent des atouts économiques, notamment en agroforesterie.

Télécharger le résumé

Résumé : Morgane Higelin, étudiante au doctorat en sciences de l’environnement, UQAT

Rediffusion :
Votre horaire ne vous permet pas d'assister à une conférence des Midis de la foresterie! Soyez sans crainte la conférence est disponible via Panopto.

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