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La qualité du bois, une question de perspective

CRFHDans le cadre des Midis de la Foresterie, Robert Schneider, Professeur-Chercheur en Aménagement et Sylviculture et co-titulaire de la Chaire de Recherche sur la Forêt Habitée à l’Université du Québec à Rimouski, nous a présenté une conférence intitulée « La qualité du bois, une question de perspective ». En effet, les différents acteurs de l’industrie du bois ont une vision distincte de ce que devrait être un bois de qualité. Ainsi, les approches et critères visant à quantifier cette qualité peuvent varier selon l’utilisation finale du bois. Au cours de la conférence, Robert Schneider nous a expliqué certains enjeux relatifs à l’évaluation de la qualité du bois, à savoir la prédiction du volume à travers des équations de défilement, ainsi que l’aspect esthétique avec l’exemple de la coloration du bois d’érable à sucre. Les propriétés mécaniques du bois (notamment l’élasticité et la rupture) sont un autre élément pris en considération dans la définition de la valeur commerciale d’un arbre. La cime peut jouer un rôle important sur ces propriétés mécaniques, ainsi que la présence et la localisation des branches et des nœuds sur la tige.

Equations defilement
Variables servant au calcul de défilement

Dans un premier temps, Robert Schneider est revenu sur les équations permettant de prédire le défilement des arbres. Celui-ci peut être défini comme la diminution du diamètre du tronc d’un arbre depuis la base de la tige jusqu’à sa cime. Ces équations permettent alors de calculer le volume de différentes sections de l’arbre et peuvent être couplées à des simulateurs de débitage afin d’optimiser le rendement de la découpe. Ainsi, à partir de mesures comme la hauteur ou le diamètre à hauteur de poitrine (DHP) de l’arbre, il est possible de construire des équations qui donneront le diamètre à différentes hauteurs de la tige. Certaines variables écologiques sont également utilisées dans l’élaboration de ces modèles, comme le sous-domaine bioclimatique et la végétation potentielle du site visé. L’erreur entre les valeurs prédites par les modèles et les valeurs réelles augmente entre les 2 points clés de la tige que sont le sommet et le diamètre à hauteur de poitrine. Cette erreur peut aussi être calculée pour les différentes sections de l’arbre, et va dépendre entre autres du défilement. Les modèles ont été élaborés à partir d’analyses de tiges faites sur 13 602 arbres répartis sur 9 essences commerciales à travers le Québec. Les résineux ont tendance à avoir un défilement plus important du Nord au Sud et d’Est en Ouest, tandis que les feuillus vont montrer, au contraire, une augmentation du défilement de l’Ouest vers l’Est. Certaines espèces auront plus de facilités à réallouer le carbone pour la croissance radiale le long de la tige. Ces changements dans l’allocation dépendent de l’âge de l’arbre, de la richesse des stations et de la tolérance des espèces aux conditions ombragées. L’objectif final pour l’arbre est de retrouver une stabilité dans sa croissance lorsqu’il arrive à maturité, afin d’assurer son maintien. Ces schémas d’allocation du carbone pourraient subir des modifications dans un contexte de changements climatiques et, tandis que certaines espèces conserveraient leur équilibre, d’autres deviendraient plus trapues ou plus élancées.

Pour expliquer les enjeux concernant l’aspect esthétique du bois, le conférencier nous a présenté l’exemple de la coloration du bois d’érable à sucre. Ce bois est utilisé essentiellement comme bois d’œuvre. Son aspect, et particulièrement sa teinte, est donc important, et toute coloration anormale lui fera perdre une partie de sa valeur commerciale, qui peut être jusqu’à 7 fois inférieure à la valeur d’un bois sans défaut. La coloration anormale du bois d’érable est induite par les blessures provenant soit de chocs lors d’opérations forestières, soit de la présence de branches mortes, soit de l’application d’un poids sur une tige fourchue. Suite à la blessure, les mécanismes de défense de l’arbre vont provoquer l’obturation des vaisseaux et la production de composés phénoliques afin de compartimenter la zone touchée et d’empêcher la propagation des champignons et bactéries dans les tissus sains. Une matière foncée apparaît sur le pourtour de la blessure, donnant alors une coloration anormale au bois. Lors de ce processus, la vigueur de l’arbre est un facteur important. Des arbres vigoureux vont mettre en place un système de défense efficace, et vont ainsi réduire la zone affectée (et donc colorée) à une surface relativement faible. Au contraire, des arbres moins vigoureux, plus vieux, vont avoir plus de difficultés à endiguer la propagation des champignons et bactéries hors de la zone blessée, et vont présenter des surfaces colorées plus importantes. Les différences s’observent également selon les conditions des sites. Les sites sur substrat calcaire, en augmentant la vigueur de l’arbre, vont permettre de réduire le risque de coloration anormale consécutivement à une blessure. Cependant, à partir d’un certain stade de développement, la vigueur de l’arbre diminue à tel point que l’augmentation de la surface colorée augmente plus rapidement que l’accroissement en volume, rendant alors l’exploitation de ce bois peu rentable.

Enfin, Robert Schneider nous a résumé les recherches en cours concernant la qualité du bois. Certains travaux s’intéressent à l’effet du changement de couvert végétal et des processus pédologiques sur la croissance et la qualité du bois. D’autres études concernent l’utilisation du LIDAR terrestre dans la détermination de l’effet des espèces environnantes sur la forme des cimes des arbres, et la possibilité de relier les données obtenues par le LIDAR avec des informations concernant la croissance et la qualité du bois.

Image LIDAR

Références fournies par le conférencier :

  • Baral, S.K., Schneider, R., Pothier, D., and Berninger, F. 2013. Predicting sugar maple (Acer saccharum) discoloured wood characteristics. Can. J. For. Res. 43(7): 649–657.
  • Schneider, R., Fortin, M., and Saucier, J.P. 2013. Equations de défilement en forêt naturelle pour les principales essences commerciales du Québec. Mémoire de recherche forestière n.167. Direction de la recherche forestière. Gouvernement du Québec. 60p.

Télécharger le résumé

Résumé : William Marchand, étudiante au doctorat en sciences de l'environnement, UQAT

Rediffusion :
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