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Caroline Trudeau

Ce mardi 7 avril 2015, dans le cadre des midis de la foresterie, l'UQAT recevait le Dr Louis Imbeau, professeur régulier au sein de la Chaire en Aménagement forestier durable de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et membre du Centre d'Étude de la Forêt. Il nous a présenté une conférence intitulée : « Effets de la disponibilité de cavités sur l'utilisation de l'habitat par le grand polatouche en forêt boréale mixte ». 

Caroline Trudeau
Grand Polatouche. Photo : Caroline Trudeau

Réseau d'utilisateur de cavités
En forêt boréale, il n'est pas rare d'observer des cavités dans les troncs d'arbres. Ces cavités sont excavées dans différentes essences, dont le peuplier faux-tremble, dû à la présence de la carie du peuplier. Elles sont créées par au moins sept excavateurs différents, dont le Pic flamboyant et le Grand Pic. L'utilisation secondaire de cavités par les animaux est un comportement souvent observé. En effet, les oiseaux tels que certains hiboux et canards, et des mammifères tels que le polatouche et l'Écureuil roux peuvent utiliser ces cavités à titre d'abris ou de site de reproduction. 

Caroline Trudeau
Installation des nichoirs. Photo : Louis Imbeau

Utilisation de l'habitat par le Grand Polatouche
Des études antérieures ont souvent démontré que le Grand Polatouche était associé aux vieilles forêts et à la présence de conifères. Les études menées au cours des dernières années en Abitibi ont cherché à approfondir cette utilisation de l'habitat, tant à l'échelle du peuplement qu'à celle du type de cavité ou de refuge diurne utilisé. Les auteurs des études ont ainsi notamment cherché à caractériser ce qui influence l'utilisation des cavités par le Grand Polatouche. Les auteurs ont d'abord émis diverses hypothèses, notamment que l'utilisation des cavités serait influencée par les conditions météorologiques telles que la température et les précipitations. Selon eux, plus il ferait froid, plus le Grand Polatouche utiliserait les cavités, car celles-ci seraient plus protectrices des intempéries en comparaison à des nids constitués de feuilles et de brindilles. En effet, selon la littérature, il existe trois types d'abris utilisés par le Grand Polatouche : le nid externe, le nid au sol et les cavités. Suite à la récolte des données impliquant le piégeage sur plusieurs sites et le suivi d'individus par télémétrie, les auteurs n'ont pas confirmé leur hypothèse. En effet, ils ont remarqué que les cavités étaient peu utilisées en température hivernale froide, les polatouches se réfugiant davantage dans les nids externes en ce qui a trait aux mâles et les nids au sol dans le cas des femelles. Aussi, les auteurs ont émis comme hypothèse que la disponibilité de cavités, tant naturelles qu'artificielles, influencerait positivement la probabilité d'occupation des peuplements forestiers par cette espèce. En ajoutant de façon expérimentale des nichoirs dans certains sites, les auteurs s'attendaient donc à ce que le taux de recrutement et la survie apparente des polatouches soient plus élevés dans les sites additionnés de nichoirs. Cependant, là aussi les résultats obtenus n'ont pas supporté leur hypothèse. Ils en concluent donc que les cavités ne semblent pas être une ressource limitante dans les peuplements forestiers mixtes de la forêt boréale de l'Abitibi. Par contre, ils ont remarqué que dans des nichoirs suivis en période hivernale, plus il faisait froid, plus il y avait une augmentation de nichoirs individuels inoccupés, due à l'attroupement des individus au sein d'un nombre plus limité de nichoirs. À l'échelle des peuplements, d'autres variables d'habitat mesurées ne se sont pas révélées importantes pour expliquer l'occupation des sites. En effet, ni la quantité de débris ligneux pouvant être associés à l'abondance de champignons dont se nourrit le polatouche ni le couvert latéral pouvant affecter leur risque de prédation n'ont été sélectionnés parmi les meilleurs modèles…

Que sait-on réellement sur le Grand Polatouche?
Comme relativement peu d'études ont été faites sur le Grand Polatouche dans l'est de son aire de distribution, il est difficile de prédire son comportement, son régime alimentaire et les facteurs affectant son succès de reproduction. Malgré la pertinence de toutes les variables mesurées dans les études mentionnées, il faudra incorporer davantage l'écologie fondamentale de l'animal dans la future recherche appliquée en lien avec cette espèce. En effet, la diversité du régime alimentaire sur cet animal pourrait jusqu'à ce jour avoir été sous-estimée, car des études en cours isolant l'ADN contenu dans les fèces des polatouches démontrent que ce mammifère se nourrit notamment d'une plus grande variété de champignons que celle attendue, notamment de truffes dont l'espèce précise pourrait être nouvelle pour la Science!

Références fournies par le conférencier :

  • Priol, P., M. J. Mazerolle, L. Imbeau, P. Drapeau, C. Trudeau & J. Ramière, 2014. Using dynamic N-mixture models to test cavity limitation on northern flying squirrel demographic parameters using experimental nest box supplementation. Ecology and Evolution, 4: 2165–2177.
  • Trudeau, C., L. Imbeau, P. Drapeau & M. J. Mazerolle, 2012. Winter site occupancy patterns of the northern flying squirrel in boreal mixed-wood forests. Mammalian Biology, 77: 258–263.
  • Trudeau, C., L. Imbeau, P. Drapeau & M. J. Mazerolle, 2011. Site occupancy and cavity use by the northern flying squirrel in the boreal forest. Journal of Wildlife Management, 75: 1646–1656.

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Audio fil : Effets de la disponibilité de cavités sur l'habitat par le grand polatouche avec Louis Imbeau en entrevue à l'émission « Les matins en or » de Radio-Canada

Rediffusion : Votre horaire ne vous permet pas d'assister à une conférence des Midis de la foresterie! Soyez sans crainte la conférence est disponible via Panopto

Résumé : Joëlle Castonguay, étudiante à la maîtrise en sciences de l'environnement, UQAT

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