Le 27 Mai 2017  

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La session d’automne 2015 s’est clôturée par un midi de foresterie dont la thématique nous vient d’une tournée au cœur de la forêt boréale. Notre conférencier est venu partager les faits les plus intéressants de ce qu’il appelle le « Mixedwood road trip ». Il s’agit de M. Brian Harvey, professeur en écologie forestière appliquée et sylviculture à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) à Rouyn-Noranda, chercheur attaché à la Chaire industrielle CRSNG-UQAT-UQAM en aménagement forestier durable et Directeur de la Forêt d’enseignement et de recherche du Lac Duparquet.

Comparativement aux autres régions boréales du Québec, l’Abitibi Témiscamingue est caractérisée par l’abondance du peuplier faux-tremble (PFT), composante majeure de la matrice forestière. Cette abondance est le résultat de plusieurs facteurs, dont les sols riches, le régime des feux et l’historique des perturbations naturelles et anthropiques. Les peuplements mélangés à dominance de tremble de la forêt boréale se caractérisent par une dynamique particulière liée aux sites mnésiques reconnus comme étant les meilleurs sites (les plus productifs). La trajectoire suivie par un peuplement de PFT est tributaire de nombreux facteurs, à savoir les conditions climatiques, l’intensité de la perturbation, la composition initiale du sous-bois, etc. D’où l’importance de comprendre la dynamique de ces peuplements.

La forêt boréale mélangée de l’Abitibi-Témiscamingue a plus en commun avec les peuplements à dominance de tremble de la plaine boréale de l’Ouest canadien qu’avec ceux situés sur le bouclier canadien (du Labrador jusqu’au Manitoba). Au cours de son «road trip» d’un mois à travers la forêt boréale mélangée, notre conférencier a rencontré plusieurs acteurs du domaine dont des industriels, des scientifiques et des sylviculteurs gouvernementaux. L’objectif était de prendre connaissance des différents projets et dispositifs d’aménagement sylvicole établis à travers le Canada. De l’Est du Québec jusqu’au nord-est des Rocheuses en Colombie-Britannique (Fort Nelson), le conférencier a visité 12 sites ou dispositifs de coupes partielles établis dans des peuplements à dominance de tremble. Il existe à travers la forêt boréale mélangée des gradients (régime de perturbations, précipitations, stress hydrique (indice de sècheresse), nombre de jours de croissance, luminosité…) qui affectent la croissance, la dynamique et la composition de ces peuplements. Les échanges avec les participants et les visites de terrain ont permis de prendre connaissance des similarités et des différences entre les sites et ainsi qu'entre les problématiques d’aménagement propres à chaque région.

Boreal

Cette conférence était aussi une occasion de nous familiariser d’avantage avec deux approches d’aménagement forestier durable à l’essai dans les peuplements mélangés. Une première approche, relativement ancienne, la Coupe partielle (CP) a pour objectif d’assurer la production, la régénération et le maintien de l’habitat et de préserver la valeur esthétique du paysage forestier. Elle est basée sur la connaissance de l’autoécologie des espèces, la dynamique naturelle et des caractéristiques des sites. La CP est axée sur la récolte et la quantité de matière ligneuse à prélever dépend d’un scénario d’intervention préétabli. Dans l’Est canadien, l’objectif des CP est principalement de favoriser le retour et l’accroissement des conifères et limiter le retour du peuplier (projet Sagard, Gogama). L’enjeu est de voir à quelle intensité de récolte on favorise la composante résineuse tout en limitant le retour du tremble. Dans l’Ouest canadien, le PFT est une partie importante de la matrice forestière et l’objectif des CP est plutôt de favoriser le retour et l’accroissement des conifères et du peuplier tout en limitant le chablis et protégeant la régénération naturelle.

 

Retention variable
Coupes avec rétention variable.

La rétention variable (RV) est une approche plus récente qui s’inspire de la fraction résiduelle du couvert forestier laissée par les perturbations naturelles. Elle a pour principal objectif de préserver la biodiversité et les sources de semences. La RV est basée sur la rétention à long terme des structures et organismes tels que des arbres vivants et morts, des petites aires de forêts intactes. Dans ce contexte, le projet EMEND, constitue le projet le plus important de RV. Il englobe 4 types de peuplements et un gradient étendu de rétention. Le but est de savoir combien faut-il retenir de la forêt pour en maintenir la biodiversité et en assurer les fonctions écologiques.

En dépit de l’élaboration d’objectifs d’aménagement sylvicoles clairs basés sur cadre conceptuel fidèle à la dynamique naturelle, la coupe partielle fait face à plusieurs enjeux, dont l’incertitude quant au rendement et la productivité des peuplements en réponse à la coupe. L’intérêt des aménagistes pour la rétention variable est lié à la simplicité de l’approche notamment pour l’estimation de la possibilité forestière.

En conclusion, le conférencier nous a fait part des travaux futurs qui visent une synthèse des expériences sylvicoles afin de mieux cerner les similarités et les différences régionales entre les problématiques liées à l’aménagement des peuplements mélangés. Cette analyse pourrait déboucher sur des recommandations régionales en termes d’approches sylvicoles adéquates à adopter en forêt boréale mélangée.

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Rediffusion : Votre horaire ne vous permet pas d'assister à une conférence des Midis de la foresterie! Soyez sans crainte la conférence est disponible via Panopto

Résumé : Fatma Rzem, étudiante à la maîtrise en sciences de l'environnement, UQAT

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