Résumé - CAFD


A biophysical approach to delineate a northern limit to commercial forestry: the case of Quebec’s boreal forest.

Robert Jobidon, Yves Bergeron, André Robitaille, Frédérick Raulier, Sylvie Gauthier, Louis Imbeau, Jean-Pierre Saucier, Catherine Boudreault.

La forêt boréale est l’une des plus grandes forêts naturelles du monde et fournit de nombreux services écologiques à la société. La forêt boréale est également économiquement importante, mais la récolte du bois et son aménagement deviennent de plus en plus difficiles à mesure que l’on progresse du sud vers le nord. Une approche a donc été développée pour évaluer l’adéquation de districts écologiques pour la production de bois dans un contexte d’aménagement durable des forêts (ADF) dans la forêt boréale du nord de la province de Québec (Canada). Cette région inclut l’entièreté du domaine de la pessière noire à mousses (forêt fermée) ainsi que la portion sud de la pessière noire à lichens (forêt ouverte). Quatre critères spécifiques aux aspects biophysiques de l’ADF ont été évalués dans 1114 districts écologiques : l’environnement physique, la capacité de production de bois, la vulnérabilité de la forêt au feu (e.g., la probabilité qu’elle arrive à maturité) et la conservation de la biodiversité. Des indicateurs et des valeurs seuils ont été déterminés pour chaque critère et une analyse séquentielle a été développée pour évaluer si un district a le potentiel d’être aménagé de manière durable. Ce processus analytique a permis la classification de ces districts en trois catégories, soit légèrement sensibles (ADF possible), modérément sensibles (ADF possible sous certaines conditions) et fortement sensibles (ADF impossible). Les résultats montrent que 354 districts sont très sensibles, 62 du fait de contraintes physiques (7.5 % de la superficie), 130 du fait d’une productivité insuffisante (15.4 % de la superficie), 92 du fait d’une productivité potentielle insuffisante pour permettre de tenir compte du risque de feu (13.8 % de la superficie) et 70 du fait d’une insuffisance de peuplements denses et hauts (7.7 % de la superficie — critère de la biodiversité). Ce travail fournit une assise scientifique pour proposer une limite nordique des activités d’aménagement forestier au Québec. L’approche proposée pourrait être utile à d’autres juridictions pour aborder des questions similaires.