Résumé - CAFD


Natural root grafting in Picea mariana to cope with spruce budworm outbreaks.

Roberto L. Salomón, Émilie Tarroux, Annie DesRochers.

Les épidémies de tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana Clem.) sont la cause d’importantes réductions de croissance et de mortalité dans la forêt boréale de l’est de l’Amérique du nord. Comme la vulnérabilité des arbres à la défoliation reste en partie inexpliquée par les caractéristiques des arbres et des peuplements, nous avons posé l’hypothèse que le greffage racinaire pouvait atténuer l’impact négatif de défoliations sévères sur la croissance des arbres. Deux sites expérimentaux dominés par l’épinette noire (Picea mariana Mill.) ont été récoltés et excavés hydrauliquement dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue afin d’étudier la croissance de 36 arbres en lien avec les greffes racinaires et la dernière épidémie de tordeuse par des méthodes dendroécologiques. Les greffes racinaires ont réduit l’effet négatif de la défoliation en maintenant une croissance plus ou moins stable des arbres greffés durant la période épidémique. Parmi les arbres dominants, la reprise de croissance suite à l’épidémie n’a été observée que pour les arbres greffés. Chez les arbres supprimés, les arbres greffés tendaient à avoir une meilleure croissance que les arbres non greffés quand la sévérité de l’épidémie était à son maximum. Les transferts de sucres par les greffes racinaires et l’amélioration de l’efficacité d’acquisition des ressources pourraient expliquer la meilleure performance des arbres greffés dans des conditions d’approvisionnement en carbone limitées. Cette étude renforce la théorie qui suggère le greffage racinaire comme une stratégie de coopération entre les arbres pour résister aux perturbations sévères et met en lumière le rôle des greffes dans la dynamique des peuplements pour faire face aux épidémies.