Résumé - CAFD


Caractérisation du patron de mortalité du peuplier faux-trembles et de l'épinette blanche de la forêt boréale au Québec.

Dominic Sénécal.

Plusieurs groupes d’insectes sont adaptés aux cycles de feu en forêt boréale, et peuvent exploiter efficacement les habitats créés par le feu. Cependant, leur dépendance au feu les rend vulnérables aux phénomènes raréfiant ou dégradant les habitats brûlés, comme la suppression des feux, les changements climatiques ou les coupes de récupération. Une meilleure connaissance des espèces pyrophiles nord-américaines est nécessaire, puisque les forêts boréales de l’Est du Canada seront de plus en plus assujetties à ces facteurs dans les années à venir. Le feu ayant eu lieu dans le parc provincial des Grands-Jardins au début de l’été 1999 a offert une occasion privilégiée d’étudier un brûlis qui ne fera pas l’objet de coupes de récupération. Cette étude avait pour objectifs de caractériser la structure et la composition des communautés de coléoptères pyrophiles de la forêt boréale de l’est de l’Amérique du Nord, et d’établir des liens entre diverses variables environnementales et le patron d’utilisation d’habitat de ce groupe d’insectes. Dans le premier chapitre de ce mémoire, quatre groupes de peuplements aux structures et aux âges contrastants ont été échantillonnés à l’aide de pièges à interception, soit des forêts âgées de 20, 50 et 80 ans ayant brûlées en 1999 ainsi que des forêts de 80 ans ayant été épargnées par les flammes. Le niveau d’activité, la richesse et la structure des communautés résultantes ont été comparés et mis en relation avec des variables de structure de peuplement et de contexte spatial au sein du paysage. De la quarantaine d’espèces qui ont présenté un patron de distribution pyrophile, la plupart sont soit dépendantes du bois mort ou effectuent leur développement larvaire dans le sol. Les communautés retrouvées dans des peuplements de structures très différentes étaient étonnamment semblables. L’année d’échantillonnage et le pourcentage de forêt verte dans un rayon de 250 mètres autour de la parcelle d’échantillonnage sont les deux facteurs ayant le plus influencé les communautés échantillonnées. Au deuxième chapitre, 84 segments de troncs d’arbres (40 cm de longueur) tués par le feu ont été prélevés et mis en élevage au cours des étés 2000 et 2001. Les arbres ont été sélectionnés en fonction de critères de diamètre, de hauteur et de sévérité du feu. Les facteurs liés à l’arbre tel le diamètre, le degré de carbonisation de l’écorce et la vigueur de l’arbre avant sa mort par le feu étaient déterminant dans l’abondance d’insectes émergeant des bois brûlés. Cette étude met en évidence le fait qu’on retrouve en forêt boréale québécoise une entomofaune riche spécialisée dans l’exploitation des forêts brûlées et qu’il serait possible de se baser sur l’écologie de ces organismes pour mettre sur pied des stratégies d’aménagement viables favorisant la conservation de la biodiversité favorisée par le feu. © 2002 UQAM tous droits réservés.