Résumé - CAFD


Effets des perturbations naturelles et des coupes forestières sur la structure génétique et clonale du peuplier faux-tremble (populus tremuloides michx).

Marie-Claire Namroud.

Dans cette thèse, notre objectif était d’évaluer l’effet des perturbations naturelles (feux et trouées) sur la diversité génétique et clonale du peuplier faux-tremble et de le comparer avec celui des coupes de différentes intensités. Plus précisément, nous visions à: (1) suivre la structure génétique et clonale du tremble avec le temps suite à une série de perturbations majeures (le feu) et secondaires (trouées) à l’échelle du peuplement; (2) construire un modèle qui permet de suivre la structure clonale du tremble sur de longues échelles temporelles et sous des cycles de feux différents tant au niveau du peuplement qu’au niveau du paysage; (3) déterminer la distribution spatiale de la diversité génétique et clonale du tremble à l’échelle du peuplement (1 ha) en fonction de la distribution spatiale des cohortes de tremble issues de perturbations majeures (feu) et secondaires (trouées); et (4) évaluer l’effet sur la diversité clonale du tremble des coupes totales et des coupes partielles de 1/3 avec sélection des tiges. Quatre marqueurs microsatellitaires spécifiques ont été utilisés pour l’identification génétique des individus de tremble. Les analyses génétiques ont montré que le tremble maintient une grande diversité génétique et clonale le long du gradient successionel et ce malgré son mode de reproduction végétative. Les simulations ont démontré que la diversité clonale du tremble exprimée par le ratio génotype/effectif augmente progressivement durant les premières 150 années après feu à l’échelle du peuplement mais se stabilise autour de 0.83 par la suite. Ceci s’explique par la régénération d’un grand nombre de genets immédiatement après feu, le recrutement périodique de ces genets dans les trouées en absence de feu, et l’élimination intraclonale important avec le temps depuis le feu. Le pourcentage de genets éliminés à l’échelle du paysage augmente avec le temps depuis le feu ainsi qu’avec l’élongation du cycle de feu. Les pratiques d’aménagement équiennes à courtes rotations semblent avoir un effet similaire à celui des feux sur la survie des genets de tremble. En général, les ramets d’un seul genet sont agglomérés sur une distance d’environ 30 m, mais les différents genets sont étroitement entrecroisés. La distribution spatiale de la variabilité génétique, tout comme celle des arbres d’une même cohorte, tendent vers une structure plus aléatoire avec le temps depuis le feu, possiblement en relation avec la diminution de la densité du tremble et l’augmentation de la compétition végétative d’une cohorte à une autre. Un aménagement par coupes totales favorise la régénération d’un grand nombre de genets, alors que suite à des coupes partielles avec sélection, le drageonnement des genets est favorisé par les conditions environnementales. © 2005 UQAT tous droits réservés.