Résumé - CAFD


Sensibilité aux perturbations et microhabitat des orchidées Goodyera en forêt boréale méridionale du québec.

Élizabeth Turcotte.

Les perturbations créées par l’exploitation forestière affectent la biodiversité. Certaines espèces s’y adaptent, tandis que d’autres se voient menacées. Les exigences distinctes d’orchidées des vieilles forêts, spécialement les Goodyera, les rendent particulièrement vulnérables. Pour assurer leur conservation ainsi que celle des milieux spécifiques qui les abritent, leur microhabitat et la distribution de leur abondance dans des peuplements régénérés après des perturbations naturelles et sylvicoles ont été étudiés. L’étude a été effectuée en Abitibi dans la sapinière à bouleau blanc de l’ouest du Québec. Une chronologie de dix peuplements naturels régénérés 41 à 245 ans après feu a été échantillonnée ainsi que des sites de coupes pré-industrielles (neuf coupes partielles non mécanisées de 40 et 60 ans) et industrielles (cinq coupes totales de un à vingt ans, six coupes partielles et vingt îlots (~250 m²)). Goodyera colonise préférentiellement les microhabitats aux caractéristiques qui se bonifient avec le temps dans la succession forestière de peuplements mixtes, telles que la présence de bois mort décomposé au sol (peuplier?) avec de la mousse, un recouvrement d’espèces herbacées peu élevé, un rapport C/N élevé, la présence de litière d’aiguilles et un pH acide. L’abondance maximale des Goodyera a été observée dans les vieilles forêts naturelles. Aucune présence n'a été décelée suivant les diverses interventions sylvicoles industrielles. Goodyera ne semble pas tolérer les perturbations reliées à l’aménagement forestier, même les moins sévères. Elle pourrait conséquemment être utilisée comme indicateur pour établir une règle de « filtre fin » afin d’identifier une partie du territoire à protéger pour assurer sa conservation et celle des écosystèmes des vieilles forêts où elle est fortement représentée © 2008 UQAM tous droits réservés.