Résumé - CAFD


Effets de changements climatiques sur les mécanismes de reproduction et leurs effets sur la distribution des espèces arborescentes dans la forêt boréale d'Europe et d'Amérique du Nord.

Yassine Messaoud.

Le réchauffement global amorcé dès la fin du petit âge glaciaire et stimulé par les gaz à effet de serre va occasionner des bouleversements à l’échelle planétaire. L’impact sur les forêts va être énorme notamment celles situées dans les hautes latitudes. Elle affectera donc particulièrement la forêt boréale et mixte. Le but de ce travail est de mettre en évidence les connaissances actuelles sur l’impact de ces changements sur la dynamique des espèces arborescentes de la forêt boréale et mixte dans deux continents; en Europe et en Amérique du nord. Cette dynamique est représentée dans notre cas par l’effet des changements au niveau des températures et des précipitations sur la capacité reproductive de ces espèces ainsi que leur distribution future. Le climat agit de manière différente au niveau de chaque stade de reproduction allant de l’initiation florale à la maturation des graines. Un scénario d’un réchauffement des températures et des variations au niveau des précipitations peut donc s’avérer capital surtout pour les espèces situées à leur limite de distribution. De façon générale, la capacité reproductive sera améliorée à la limite nordique. Cependant, il subsiste des régions où cette capacité serait plus faible. À la limite sud, la capacité reproductive pourrait s’avérer plus basse à cause des températures plus élevées avec dans certaines régions des précipitations plus faibles. Par conséquent, les premiers signes de modification de la distribution des espèces se feront sentir plus au niveau des limites et à plus long terme et la distribution générale des espèces sera grandement affectée. Les modèles de simulation développés en Europe prévoient en général un déplacement des espèces vers le nord. La dynamique des limites nordiques de distribution répond directement aux fluctuations climatiques depuis la fin du petit âge glaciaire survenu en 1850 et marquées par deux périodes chaudes intercalées par une période froide. Les résultats sont par contre partagés; certains auteurs ont remarqué une consolidation des limites nordiques et non un déplacement de celles-ci vers le nord, d’autres un déplacement variable selon les espèces vers les latitudes et les altitudes plus élevées. Ces résultats antagonistes semblent refléter, d’une part la complexité des interactions entre les conditions climatiques et les espèces, et, d’autre part les différences entre les définitions des limites des arbres. Ils nous permettent également de dire que les espèces ne migrent pas en même temps et à la même vitesse et ceci pourrait être lié aux caractéristiques de chacune d’elle. Ceci nous amène à conclure à plus grande échelle qu’il est probable que la composition de la forêt boréale et mixte future ne sera pas la même que celle d’aujourd’hui. En plus, nous ignorons encore comment seront les variations spatio-temporelles du climat futur et si l’augmentation des températures demeure constant ou subira des fluctuations comme cela a été le cas depuis la fin du petit âge glaciaire. © 2003 UQAM tous droits réservés.