Résumé - CAFD


Les milieux d’eau profonde, humides et forestiers riverains de la Forêt d’enseignement et de recherche du lac Duparquet.

Geneviève Meunier, Marie-Claire LeBlanc, Marcel Darveau, Claude-Michel Bouchard, Louis Imbeau.

Depuis les années 80, de nombreuses études ont été réalisées et plus de 200 documents ont été publiés en écologie forestière sur le territoire de la Forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet (FERLD). Cependant, à l'exception des milieux forestiers riverains, aucune étude d'ensemble n'a été effectuée sur l'écologie ou la gestion des milieux d'eau profonde et humides, et ce malgré que la FERLD soit située dans une des régions où les milieux humides sont les plus abondants au Québec. En 2007, lors de l'élaboration d'un nouveau modèle de plan d'aménagement écosystémique pour ce territoire, est née l'idée d'y intégrer un zonage des milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains afin de prendre en compte ces milieux dans les interventions sur ce territoire forestier et de les intégrer, par les forêts à haute valeur de conservation, au processus de certification environnementale de la norme boréale du Forest Stewardship Council (FSC). Ainsi, pour le territoire de la FERLD, nous avons : (1) classifié et cartographié les milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains selon un système de classification récemment développé; (2) identifié les enjeux écologiques et socio-économiques relatifs à l'aménagement de ces milieux et (3) proposé un plan de conservation pour ces milieux en tenant compte notamment de la zone de conservation déjà existante à la FERLD et son projet d'agrandissement.

Depuis les années 80, de nombreuses études ont été réalisées et plus de 200 documents ont été publiés en écologie forestière sur le territoire de la Forêt d'enseignement et de recherche du lac Duparquet (FERLD). Cependant, à l'exception des milieux forestiers riverains, aucune étude d'ensemble n'a été effectuée sur l'écologie ou la gestion des milieux d'eau profonde et humides, et ce malgré que la FERLD soit située dans une des régions où les milieux humides sont les plus abondants au Québec. En 2007, lors de l'élaboration d'un nouveau modèle de plan d'aménagement écosystémique pour ce territoire, est née l'idée d'y intégrer un zonage des milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains afin de prendre en compte ces milieux dans les interventions sur ce territoire forestier et de les intégrer, par les forêts à haute valeur de conservation, au processus de certification environnementale de la norme boréale du Forest Stewardship Council (FSC). Ainsi, pour le territoire de la FERLD, nous avons : (1) classifié et cartographié les milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains selon un système de classification récemment développé; (2) identifié les enjeux écologiques et socio-économiques relatifs à l'aménagement de ces milieux et (3) proposé un plan de conservation pour ces milieux en tenant compte notamment de la zone de conservation déjà existante à la FERLD et son projet d'agrandissement.

Nos résultats révèlent que dans ce paysage ondulé forestier, les milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains sont abondants (40,1 % de 93 km²). Les eaux lentiques profondes (lacs) ainsi que les marécages forestiers résineux riches sont les écosystèmes les mieux représentés sur ce territoire. Les barrages de castor sont nombreux (n = 458) et presque le deux tiers des petits cours d'eau sont modifiés par les activités de cette espèce. Toutefois, les zones de milieux humides dynamisés par le castor sont en général de petite taille (moyenne = 0,64 ha). Fait à souligner, cette étude a permis d'identifier le plus long barrage de castor connu jusqu'à maintenant au Québec. D'une longueur de 437 m, ce long barrage est en partie situé sur le territoire de la FERLD dans un secteur très convoité pour les activités minières.

La zone de conservation actuelle sur le territoire de la FERLD et sa possibilité d'élargissement avec le secteur Magusi constituent un premier jalon pour la conservation des milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains ainsi que pour la protection des éléments d'intérêt écologique. Les milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains de la zone de conservation élargie, avec les ajouts suggérés dans ce rapport, constitueraient un échantillon représentatif qui répond aux exigences d'une approche de conservation par filtre.

brut et à certains principes de la certification environnementale FSC. Par exemple, la protection de cet échantillon assurerait en partie la conservation des fonctions écologiques ainsi que l'intégrité de la forêt (Principe 6 : Impact environnemental) et pourrait servir à identifier des forêts à haute valeur de conservation (Principe 9) selon la certification FSC. Toutefois, les gestionnaires de la FERLD devront bien coordonner les différentes utilisations dans la zone de conservation afin qu'elles n'en mitigent pas les bénéfices écologiques. Entre autres, il sera important de continuer à limiter le développement du réseau routier forestier afin d'assurer la protection de secteurs particuliers. Il importe aussi d'amorcer avec les gens du milieu une réflexion sur certaines utilisations du territoire telles que la villégiature en bordure du lac Hébécourt, qui subit déjà des pressions anthropiques considérables. Les milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains devraient être pris en compte dans la gestion intégrée des ressources de ce territoire public. Une entente de conservation entre les gestionnaires de la FERLD (UQÀM et UQAT) ainsi que Canards Illimités Canada (CIC) concernant ces milieux constituerait un bon outil de protection qui aiderait les membres du comité dans leur gestion intégrée des ressources de la FERLD. Il serait également opportun de considérer l'option de créer, à partir de la zone de conservation élargie et des ajouts suggérés, une aire protégée comme une réserve de biodiversité. La création d'une réserve de biodiversité à la FERLD faciliterait la gestion des différentes utilisations du territoire, en plus de fournir un statut légal de protection pour une partie des milieux terrestres et humides. Vu l'importance des milieux d'eau profonde et humides, qui occupent plus du tiers de la superficie de la FERLD, et le peu de travaux de recherche effectués à leur sujet jusqu'à présent, il serait souhaitable de favoriser les études sur ces milieux et sur leur gestion.

brut et à certains principes de la certification environnementale FSC. Par exemple, la protection de cet échantillon assurerait en partie la conservation des fonctions écologiques ainsi que l'intégrité de la forêt (Principe 6 : Impact environnemental) et pourrait servir à identifier des forêts à haute valeur de conservation (Principe 9) selon la certification FSC. Toutefois, les gestionnaires de la FERLD devront bien coordonner les différentes utilisations dans la zone de conservation afin qu'elles n'en mitigent pas les bénéfices écologiques. Entre autres, il sera important de continuer à limiter le développement du réseau routier forestier afin d'assurer la protection de secteurs particuliers. Il importe aussi d'amorcer avec les gens du milieu une réflexion sur certaines utilisations du territoire telles que la villégiature en bordure du lac Hébécourt, qui subit déjà des pressions anthropiques considérables. Les milieux d'eau profonde, humides et forestiers riverains devraient être pris en compte dans la gestion intégrée des ressources de ce territoire public. Une entente de conservation entre les gestionnaires de la FERLD (UQÀM et UQAT) ainsi que Canards Illimités Canada (CIC) concernant ces milieux constituerait un bon outil de protection qui aiderait les membres du comité dans leur gestion intégrée des ressources de la FERLD. Il serait également opportun de considérer l'option de créer, à partir de la zone de conservation élargie et des ajouts suggérés, une aire protégée comme une réserve de biodiversité. La création d'une réserve de biodiversité à la FERLD faciliterait la gestion des différentes utilisations du territoire, en plus de fournir un statut légal de protection pour une partie des milieux terrestres et humides. Vu l'importance des milieux d'eau profonde et humides, qui occupent plus du tiers de la superficie de la FERLD, et le peu de travaux de recherche effectués à leur sujet jusqu'à présent, il serait souhaitable de favoriser les études sur ces milieux et sur leur gestion.