Projet de recherche :
Évaluation de l'impact de la sécheresse sur l'investissement des sucres dans les tiges des arbres : étude comparée de l'épinette noire et du bouleau blanc
Face aux changements climatiques, les forêts boréales subissent une augmentation de la fréquence et de la sévérité des sécheresses estivales provoquant au Canada et partout dans le monde de nombreuses conséquences sans précédents depuis ces dernières décennies. La capacité de résilience face au stress hydrique demeure incertaine pour l’équilibre déjà perturbé de ces écosystèmes.
Ce projet vise à évaluer et comparer les réponses physiologiques de deux espèces aux stratégies écologiques contrastés : l'épinette noire, et le bouleau blanc Plus spécifiquement, nous analyserons la dynamique de leur gestion et allocation du carbone dans les tiges au cours de l’été, élément vital pour la régulation de la pression osmotique et la survie des tissus parenchymateux du tronc, en réponse à un stress hydrique.
L'étude s'appuiera sur le dispositif expérimental de simulation de sécheresse WaterDisp (programme AbitibiOuestSmart). Un système d'exclusion de pluie simulera une sécheresse estivale prolongée. L'originalité de l'approche repose sur l'analyse biochimique des tissus de la tige (avant, pendant et après la sécheresse) selon le suivi du stress subi pour quantifier la dynamique des réserves carbonées intra-annuelle, en différenciant les sucres solubles (réponse osmotique immédiate) de l'amidon (stockage à long terme) par spectrophotométrie et qui sera couplé au suivi de la phénologie du bois et les traits de réponse au stress.
Nous posons l'hypothèse que ces deux espèces déploieront des stratégies d'allocation des NSC divergentes au niveau de la tige. L'épinette noire devrait privilégier la conservation de ses réserves sous forme d'amidon en figeant sa croissance au profit de la densification du bois final (lignification). À l'inverse, le bouleau blanc maintiendrait des concentrations élevées de sucres solubles au détriment de l'amidon, afin de subvenir à court termes aux besoins énergétiques (ATP) du chargement actif du phloème et au maintien de son homéostasie hydraulique. Ces résultats permettront d'identifier les vulnérabilités spécifiques des essences boréales face aux anomalies climatiques saisonnières. Ce projet fournira des données cruciales pour orienter les pratiques de sylviculture et d'aménagement forestier de la région (choix des essences à reboiser, gestion des peuplements mixtes), s'inscrivant ainsi pleinement dans la mission de recherche appliquée de la FERLD et de ses partenaires régionaux.
