Le lac Osisko est un lac urbain situé à Rouyn-Noranda, exposé depuis plusieurs décennies à des apports de contaminants d’origine municipale et industrielle. Cette contamination, notamment par les éléments traces métalliques et métalloïdes, a entraîné une dégradation importante de la qualité environnementale du lac et justifie l’évaluation de stratégies de bioremédiation adaptées.
Ce projet de recherche vise à évaluer une approche de bioremédiation innovante basée sur l’activité de bactéries productrices de calcite (Microbiologically Induced Calcium Carbonate Precipitation, MICP), en vue de l’amélioration et de la restauration du lac Osisko. Cette méthode repose sur l’action de bactéries uréolytiques capables d’induire la précipitation de carbonates de calcium, contribuant ainsi à la réduction de la mobilité et de la biodisponibilité des métaux présents dans les eaux et les sédiments. Dans cette perspective, une caractérisation préalable de l'état de la contamination du lac a été réalisée. Par ailleurs, la performance de la souche bactérienne Sporosarcina pasteurii (ATCC 11859) a été évaluée au laboratoire afin de mesurer son efficacité de séquestration des métaux dans les phases aqueuse et sédimentaire.
Les prélèvements ont révélé une contamination métallique généralisée de l'eau et des sédiments, avec des concentrations qui dépassent fréquemment les critères de qualité établis pour la protection de la vie aquatique (MDDELCC, 2013). Le calcul des indices de contamination a confirmé l’existence d’une forte pollution d'origine anthropique. Les résultats obtenus confirment le potentiel de Sporosarcina pasteurii pour la bioremédiation, bien que les taux d’élimination varient selon les métaux considérés. Dans la phase aqueuse, la souche a permis d’éliminer jusqu’à 78 % d’arsenic, environ 64 % d’aluminium et près de 20 % de cuivre et de plomb. Dans les sédiments, les taux d’élimination atteignent jusqu’à 82 % pour l’arsenic, 40,5 % pour l’aluminium, 51 % pour le cuivre, 41 % pour le manganèse et jusqu’à 99 % pour le plomb. Il convient toutefois de souligner que l’efficacité de cette approche dépend fortement de la durée d’exposition ainsi que des propriétés physico-chimiques et hydrochimiques des sites étudiés, lesquelles influencent la mobilité et la biodisponibilité des métaux ciblés.
L'efficacité démontrée de cette approche de bioremédiation contribuera à améliorer l'état écologique du lac Osisko. Par ailleurs, ce travail fournit des données essentielles aux décideurs pour mettre en œuvre des mesures d'atténuation de la pollution métallique à plus grande échelle, visant à préserver et restaurer les fonctions écologiques et récréatives du lac.