Les coupes partielles sont considérées comme une alternative durable à la gestion traditionnelle dans la forêt boréale en raison de leur impact moindre sur la biodiversité, la structure et la régénération forestières. Cependant, la croissance des arbres stagne souvent pendant plusieurs années après les coupes partielles, un phénomène appelé « choc de croissance ». Cette étude a évalué les facteurs à l'origine du choc de croissance et de la reprise de croissance qui s'ensuit dans les peuplements dominés par le pin gris de l'ouest du Québec, au Canada. Notre plan expérimental comprenait trois traitements d'intensité de récolte (% d'enlèvement de la surface terrière): témoin (0 %), éclaircie (30 à 35 %) et coupe progressive (40 à 50 %). La croissance annuelle, la durée (c'est-à-dire le temps de retard) et l'intensité du choc de croissance sur la croissance et la composition isotopique δ¹³C des cernes des arbres ont été analysées à l'aide d'approches dendrochronologiques. Le choc de croissance était 30 % plus fréquent chez les arbres situés à proximité des pistes de débardage (c'est-à-dire les chemins créés pour le transit des machines forestières servant à l'extraction du bois) et 10 % plus intense dans les peuplements de coupe progressive. Dans le traitement d'éclaircie et de la coupe progressive, la durée de la période de choc était respectivement de 7 % et de 25 % plus longue dans les 5 premiers mètres à partir des sentiers de débardage, comparativement aux arbres situés à l’intérieur des coupes. Huit ans après la récolte, la croissance radiale des arbres résiduels avait augmenté de 54 % dans les traitements d'éclaircie et de 29 % dans les traitements de coupe progressive par rapport au témoin, ce qui reflète probablement l'élimination des arbres plus grands et se traduit par une proportion plus élevée d'arbres résiduels plus petits, à croissance initialement plus lente, dans le traitement de coupe progressive. Pendant la période de choc de croissance, les valeurs δ¹³C sont devenues plus négatives par rapport aux niveaux pré-récolte dans les deux traitements et ont continué à baisser par la suite, indiquant que la réduction de la croissance causée par le choc n'était pas due à une fermeture stomatique temporaire immédiatement après la récolte. Nos recherches remettent en question la relation suggérée entre le choc et la fermeture stomatique et soulignent l'importance de ce phénomène dans la compréhension et la prévision de la dynamique de croissance après la récolte.