
Après quelques expériences de travail sur des fens et bogs en France, je me suis un peu plus attaché aux bryophytes qu’aux vasculaires. Je reste un touche à tout mais j’ai besoin d’approfondir mes connaissances sur l’écologie des bryophytes, au-delà de leur identification.
Voilà la raison de ma présence ici, à Rouyn-Noranda ! J’ai hâte de découvrir l’Abitibi et les gens qui y vivent!
Projet de recherche :
Communautés de bryophytes et plantes vasculaires des collines et anciens sites miniers de l’Abitibi-Témiscamingue en relation avec les variables climatiques ou géochimiques de leur habitat
Le domaine boréal a longtemps été décrit comme un paysage homogène. Or, de plus en plus d'études suggèrent le contraire. Les plaines forestières et les tourbières de l'Abitibi-Témiscamingue sont des systèmes bien étudiés, mais les habitats rares de la région le sont beaucoup moins. Les habitats rares résultent de la géologie, de l'histoire ou de la topographie du milieu et peuvent abriter près de la moitié de la biodiversité d'une région. En Abitibi-Témiscamingue, ils sont représentés par les collines et les anciens sites miniers, à travers l'élévation et la présence d'un socle rocheux pour les premières et par la géochimie et l'ouverture du milieu pour les seconds. L'objectif de la thèse est de quantifier et d'expliquer la contribution spécifique en plantes vasculaires et en bryophytes de ces milieux rares à la biodiversité régionale. On observe une différence des cortèges entre les collines anciennement émergées, qui constituaient les paléo-îles du lac proglaciaire Ojibway, et les collines anciennement submergées par ce lac. Une différence de cortèges est également observée entre les forêts anciennes des collines et celles des plaines, mais principalement en raison du climat et de la protection topographique contre la récolte de bois et la présence de refuges contre les incendies. Ensuite, nous avons pu démontrer que malgré des compositions géochimiques différentes, les communautés des anciens sites miniers ont tendance à héberger des espèces communes similaires aux autres habitats ouverts comme les escarpements calcaires ou ultramafiques, et les étangs de castors abandonnés. Nos résultats aident à mieux caractériser les différences d'habitat pour les plantes dans le domaine boréal, longtemps décrit comme homogène.
Nils Ambec, Yves Bergeron, Nicole J. Fenton. (2023). Plant community and climate differ between former islands and submerged hills by proglacial lake Ojibway in eastern boreal Canada. Biodiversity and Conservation. 32:1709–1732. 10.1007/s10531-023-02572-4 lien
